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Droits des femmes – les forces cléricales marquent un point en obtenant le rejet du rapport Estrella.

 

Edite Estrela est une députée portugaise du  Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen et Vice-présidente de la commission des Droits de la femme .

 

Le rapport Estrela (voir ci-dessous) vient d’être rejeté par le Parlement européen par 334 voix contre 327 en faveur du rapport.  Il plaidait pour le renforcement des politiques relatives à la santé et aux droits sexuels et génésiques (avortement, prévention des MST, information surla contraception, violence faite aux femmes, etc.). le texte avait reçu le soutien de divers groupes dont Amnesty et Catholics for free choice ainsi que celui de la Fédération Humaniste Européenne et de l’Association européenne pour la pensée libre (AEPL).

 

On pouvait s’attendre à ce que les adversaires du droit des femmes à maîtriser ces aspects de leur vie se mobilisent, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire. Le texte ci-après qui émanent du blog Belgicatho montre la satisfaction ressentie par le camp clérical après ce vote.

 

On ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine lassitude devant la nécessité de reprendre indéfiniment le combat pour des lois libératrices, qui ne contraignent personne à aller contre sa conscience, mais dont  l’absence empêche ceux ou celles qui le souhaiteraient d’exercer, eux, leur libre arbitre.

Le rejet de ce rapport montre aussi que – contrairement à ce que trop de gens pensent – les élections européennes comportent un enjeu : construire une Europe de la liberté ou accepter une Europe réactionnaire et cléricale.

fichier pdf EP 2013.12.11 Rapport Estrelafichier doc rapport Estrela

Europe et laïcité, info ou promo ?

La lecture de l‘entretien entre Marcel Conradt et Ricardo Guttierez paru dans le Soir ce 5 avril me laisse une impression très mitigée. Mais, dans la mesure où j’y suis nommément cité (sans en avoir été averti), je ne peux guère faire autrement que de réagir.

Je n’ai pas lu l‘ouvrage de Marcel Conradt et ne suis donc pas en mesure de savoir si l’interview est ou non un reflet fidèle de son contenu. Mais je dois regretter deux choses, la présence, en quelques lignes de texte, de plusieurs erreurs factuelles (et si elles sont imputables à l’auteur présenté comme historien, on est en droit de s’interroger sur la nécessaire rigueur en matière de critique historique) et une analyse somme toute très superficielle des efforts des organisations laïques dans le contexte européen.

Je suis aussi bien conscient qu’il s’agit davantage dans cet article de faire la promotion commerciale d’un ouvrage que de se livrer à une étude détaillé du sujet. Je ne peux pourtant que regretter que l’auteur n’ait fait aucun effort pour me contacter, alors qu’il ne semble pas ignorer que j’ai joué un petit rôle dans ce dossier. D’autant que, manipulation de journaliste ou reflet de la conviction de l’auteur, l’article semble insinuer que le mouvement laïque « apparaît comme complice de la montée en puissance des religions au sommet de l’Union européenne ».

Corrigeons donc d’abord les erreurs factuelles.

1° En lançant le programme « Giving a Soul to Europe » en 1994, Delors n’ouvrait pas les portes de l’UE aux Eglises. Des contacts réguliers existaient déjà entre la COMECE (les épiscopats catholiques) et EECCS (le conseil œcuménique des Eglises, regroupant essentiellement des protestants et des orthodoxes). L’objectif de l’initiative (suggérée à Jacques Delors par la Cellule de Prospective) était un élargissement de ces contacts à d’autres  groupes.

2° En 1994, je n’étais plus Secrétaire général du CAL (depuis le 31 août 1993), mais bien Secrétaire Général de la Fédération Humaniste Européenne que j’ai contribué à fonder en 1990.

3° il est inexact de dire que les associations laïques n’ont jamais reçu de subsides pour des projets dans le cadre de l’initiative. Plusieurs projets ont été soutenus, dont un colloque au Parlement polonais et d’autres à Utrecht ou à Berlin. Certes les projets portés par les organisations religieuses étaient plus nombreux, mais c’était là un reflet assez fidèle des capacités financières et organisationnelles des associations laïques.

4° Enfin, le comité de l’initiative n’a rien eu à voir avec le financement des JMJ de Cologne de 2005, pour deux raisons très simples. D’abord parce que depuis au moins quatre ans, le comité ne donnait plus d’avis sur  les demandes de financement de ce type de projets. Ensuite parce qu’à cette date, l’initiative était en voie de dissolution ! Encore une fois, l’argument de Marcel Conradt ne résiste guère à la dure réalité des faits.

Enfin, sans me lancer dans un plaidoyer pro domo, je voudrais fournir à ce débat quelques éléments d’analyse.

Quand l’Initiative ‘donner une âme à l’Europe’ (c’est son premier nom) est lancée, la Fédération humaniste européenne en est à ses balbutiements. Les organisations laïques sont inconnues dans les institutions européennes où – à titre individuel – les non-croyants ont plutôt tendance à faire profil bas. Participer à l’Initiative, même en y jouant un rôle modeste ce n’était pas de la complaisance, mais l’occasion de faire connaître ce que nous étions (showing the flag, comme disent les anglo-saxons). Je me souviens encore de ce colloque organisé par la commission à Tolède en 1995 (au lendemain de l’assassinat de Rabin) qui avait pour thème ‘les religions monothéistes autour du bassin méditerranéen’. Ma première prise de parole, m’a donné l’occasion de me présenter comme athée et matérialiste. La pause-café qui a suivi a permis un entretien très intéressant avec des intellectuels musulmans qui n’avaient pas vraiment l’habitude de cohabiter avec des mécréants de mon espèce. Mais le fait que je sois un des présidents de séance me donnait une légitimité dont il eut été contre-productif de se priver.

De 1990, date de  la création de la FHE, à aujourd’hui, le travail a été long et difficile ; la plupart des associations membres n’étaient pas riches, devaient souvent mettre les combats nationaux en priorité et ne disposaient pas d’une énorme expertise européenne. Une autre de nos préoccupations était de réconcilier des visions parfois disparates de  la laïcité ou de l’humanisme (je partage pas la vision franchouillarde de Marcel Conradt qui tend à penser que la notion de laïcité est un évidence. Je conseille à ceux qui sont de cet avis quelques conversations sérieuses avec des anglais ou des norvégiens). A titre personnel, au lieu de gémir comme Marcel Conradt, je me réjouirais plutôt de voir les progrès accomplis.

Si j’avais, moi, des critiques à formuler, je ne les adresserais pas à ceux qui ont fait des choses (peut-être maladroitement), mais plutôt à ceux qui n’ont rien fait, à commencer par les parlementaires européens dont les soutiens à la FHE et aux mouvements laïques et humanistes a toujours été d’une remarquable discrétion.

Parce qu’enfin, il faut savoir ce que l’on veut. Chacun sait que les institutions européennes sont perméables aux lobbies de toute sorte. Que les églises et les mouvements religieux s’inscrivent dans cette logique n’a – à mes yeux – rien de choquant. Mais on ne combat l’influence d’un adversaire ni en le diabolisant (les mouvements religieux sont – quand on les approche de plus près – traversés de nombreuses contradictions exploitables), ni en l’ignorant. Il faut, en effet, avoir une longue cuillère pour manger avec le diable, mais pour en juger, il faut, au contraire de ce que laisse penser l’article, peser correctement les faits et ne pas se limiter à des erreurs, des demi-vérités ou des analyses de café du commerce.

«Europe : la laïcité a raté le coche»

  • Ricardo Gutierrez et Pascal Martin

Vendredi 5 avril 2013

Marcel Conradt dévoile les combats perdus des laïques face aux religieux.

Le belge Marcel Conradt avait déjà dénoncé les lobbies religieux à l’œuvre, dans les hautes sphères des institutions européennes. Son nouveau livre, « L’Union européenne, les églises et nous » (1), dévoile l’étonnante passivité des organisations laïques.

A vous lire, le mouvement laïque apparaît presque comme complice de la montée en puissance des religions, au sommet de l’Union européenne…

Les faits sont là : en 1994, c’est le socialiste Jacques Delors, alors président sortant de la Commission européenne, qui ouvre la porte de l’Europe aux Eglises en lançant l’initiative « Soul – Une âme pour l’Europe ». Par souci d’équilibre, il offre la présidence du programme à la discrète Fédération humaniste européenne (FHE), alors pilotée par le secrétaire général du Centre d’action laïque (CAL), le belge Claude Wachtelaer.

Le mouvement laïque était donc bien représenté…

Officiellement. Mais dans les faits, aucune association laïque ne rentrera de projets au programme « Soul », qui ne dispose pas de moyens énormes, mais qui contribuera tout de même au financement de projets portés par les religieux, comme les Journées Mondiales de la Jeunesse, à Cologne, subsidiées malgré un vote négatif du Parlement européen.

Sans réaction des fédérations laïques nationales ?

En Belgique, le CAL s’en désintéressait totalement. Beaucoup de laïques considéraient que les églises ne constituaient plus un danger : on avait obtenu la dépénalisation de l’avortement, les paroisses se vidaient. La laïcité marquait n’en finissait plus de marquer des points dans la vieille Europe.

Les religions ripostent ?

Le tournant, c’est la visite du pape Jean-Paul II à Strasbourg, en 1988 : il trace alors les contours de ce qui deviendra l’article 17 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, disposition qui instaure une obligation de « dialogue » avec les églises, les associations philosophiques et non-confessionnelles. Un dialogue officieux avec la seule Commission, dans un premier temps, avec une liste de « partenaires » qui restait secrète. Puis un dialogue étendu au Conseil et au Parlement européens.

Les laïques avaient manifestement voix au chapitre.

Oui, mais si les églises ont fait leur travail, porté leurs revendications, les laïques, en revanche, ont été piégés par leur individualisme, leur manque de stratégie, d’organisation.

Le président du CAL, Pierre Galant, préside la Fédération humaniste européenne, depuis mai 2012…

J’ai l’espoir que son dynamisme, son réseau et une équipe qu’il maîtrise rendront à la Fédération le poids politique qu’elle devrait avoir. Il est plus que temps : ces 20 dernières années, admettons que nous avons raté la structuration de la laïcité dans l’Union européenne. Nous sommes seuls responsables de cette situation. Il faut, d’urgence, restaurer une expertise laïque, au sommet de l’Europe. Peser à nouveau sur les combats qu’inspirent la laïcité. Ne pas se contenter de réagir aux débats qu’on nous impose.

l’Ombudsman donne raison à la FHE

fichier pdf Commission failed to implement Article 17 in EHF case

CEB – un rituel vice de sens.

Le CEB est un nouveau rituel scolaire et rien d’autre. Il faut donc sortir, par rapport à cette épreuve, d’un certain nombre d’illusions. Le CEB n’est pas une épreuve prédictive de la réussite dans le secondaire ; le CEB ne constitue pas une évaluation objective des acquis en fin de sixième et, enfin, le CEB n’est pas une épreuve d’évaluation standardisée.
En gros donc, le CEB, qui ne donne que l’illusion de l’objectivité, est – très vraisemblablement – une épreuve sans réelle utilité si on la compare aux évaluations que les enseignants organisaient dans leur classe.
Qu’on me comprenne bien, je ne suis pas occupé à dire que les enseignants évaluaient mieux que le CEB. Je me contenterai de dire qu’ils n’évaluaient certainement pas moins bien et que le processus coûtait moins cher et était moins bureaucratique.
Lire la suite de ‘CEB – un rituel vice de sens.’

actualités

Les humanistes invités au dialogue.

L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe recommande d’associer les humanistes au dialogue interconvictionnel qu’elle entend soutenir. Cette prise de position s’inscrit dans la logique de l’initiative « Une âme pour l’Europe – éthique et spiritualité » soutenue par la Commission européenne de 1995 à 2005.
Voici les communiqués qui vous en diront plus.

actualités pdf 129pressreleasepacedialogueresolutionfr.pdf

pdf 129pressreleasepacedialogueresolution.pdf

En défense de la laïcité européenne.

Visitez le site de l’initiative parlementaire européenne en faveur de la séparation des églises et de l’Etat en Europe.

http://politicsreligion.eu/

Nous reviendrons sur ce thème dans un prochain article.

Réforme de l’enseignement, le Pr DESCHAMPS propose son plan.

Le Pr DESCHAMPS (FUNDP – Namur) est un expert. À ce titre, chacune de ses prises de position bénéficie d’un buzz médiatique important. C’est une nouvelle fois le cas de la note qu’il a publiée récemment dans le cahier n° 49 du CERPE (www.fundp.ac.be/cerpe). Ce texte porte un titre ambitieux : « Un meilleur enseignement en Communauté française. Nous le pouvons si nous le voulons » et qui reprend diverses thèses que le Pr DESCHAMPS a soumises aux médias depuis plusieurs années. Il énumère onze propositions censées, selon notre expert, améliorer les performances de notre enseignement.

Le texte ne manque évidemment pas d’intérêt. Mais il ne mérite pas non plus d’être considéré comme la panacée face aux vraies difficultés de notre système éducatif. D’abord parce qu’il s’agit, non d’ une étude scientifique, mais d’une thèse aux arguments subjectifs qui analysent le système avec des lunettes idéologiquement déformantes. Ensuite parce que de nombreux passages de ce texte semblent curieusement déconnectés de la réalité comme je le montrerai plus loin. On peut, certes, considérer la note de M. DESCHAMPS comme une utopie et penser que les utopies sont nécessaires, mais la question qui subsiste, et qui subsistera encore à la fin de notre analyse, est celle du rapport qualité/prix de la démarche. Si le système éducatif doit, sans aucun doute, être amélioré, on peut douter – et c’est paradoxal dans le chef de l’auteur – que les propositions du Pr DESCHAMPS soient les plus économiques pour atteindre les objectifs choisis. Mais, afin que chacun puisse juger, passons à l’analyse du texte qui – bien entendu – est parfaitement subjective.

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Les Bogdanov, Dieu … et le vide.

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RELIGION ET ETAT – LES CRUCIFIX EN ITALIE – LE PARLEMENT EUROPEEN EN DEBAT

 arret CEDHL’affaire LAUTSI contre l’Italie agite peu la Belgique, à tort. elle a pourtant un rapport étroit avec nos discussions sur la séparation des religions et de l’Etat et avec les débats sur le dialogue interculturel.

La décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg, en considérant que les crucifix n’ont pas leur place dans les écoles publiques italiennes a soulevé un tollé auquel les laïques un peu naïfs ne s’attendaient sans doute pas. Très vites les cléricaux de tout poil se sont unis contre cette décision jugée scandaleuse. En invoquant l’atteinte à l’identité italienne les conservateurs ont suscité une importante mobilisation qui a trouvé un soutien inattendu au Parlement européen. Pour la première fois, des parlementaires européens ont déposé un projett de résolution critiquant la décision d’une cour de justice ! A croire que certains membres du PE n’ont jamais lu Montesqieu.  Cette démarche ne pouvait manquer de susciter une réaction très vive des défenseurs de la laïcité en Europe. ceux-ci ont à leur tou déposé un projet de résolution appelant à une réelle séparation des églises et des états. jusqu’ici 75 MPE ont accepté de signer dont plusieurs PE belges.

Voici la liste des signataires de la résolution en faveur de la séparation :RELIGION ET ETAT - LES CRUCIFIX EN ITALIE - LE PARLEMENT EUROPEEN EN DEBAT dans europe pdf pro Lautsi signatories  ainsi que le texte de l’arrêt de la CEDH    pdf dans humanisme et religion

De plus amples informations sont disponibles sur le site de la Fédération Humaniste Européenne : www.humanistfederation.eu 

 

 

Touche pas à mon crucifix. Ecole et religion

L’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg de ce 3 novembre a réveillé les cléricaux de tout poil. J’en veux pour preuve la réaction du Professeur Marcus Helmons dans la Libre Belgique du 25 novembre[1]. Cet éminent juriste (les juristes sont toujours éminents, comme les serviteurs sont toujours dévoués) se livre à une brillante démonstration qui prouve à quel point les convictions religieuses handicapent l’exercice du libre examen. Ainsi donc, le professeur Helmons trouve le jugement prononcé par sept (pas moins !) de ses collègues rien moins que stupéfiant. L’argumentation utilisée pour critiquer le jugement me paraît – avec tout le respect du aux 35 ans d’enseignement du professeur Helmons – proprement surréaliste.  Notre éminent juriste s’étonne, par exemple, du fait que l’arrêt ait été rendu à l’unanimité des 7 juges alors que les usages en vigueur à Strasbourg autorisent le recours au système de l’avis dissident (dissenting opinion). Vous et moi, qui n’avons pas été professeurs d’université, pourrions déduire de ce constat que l’évidence de la décision s’est imposée sans problème parce que la requête introduite par les plaignants a paru pleinement  justifiée. Ce n’est pas le cas de notre juriste. Se transformant en spécialiste du calcul des probabilités, il prédit que si la cour plénière se prononçait (46 juges), les choses se passeraient autrement. Je n’ai aucun talent de voyant mais je connais assez les statistiques pour savoir, qu’en effet la probabilité d’avoir un avis différent sur 46 est supérieur à celui d’en avoir un sur 7. Je glisserai rapidement sur les considérations émises par le Pr Helmons qui visent surtout à limiter la liberté d’interprétation des juges qui composent la Cour. J’éviterai aussi de commenter trop longuement l’affirmation de M. Hemons qui remarque que : ‘C’était aussi l’époque où la majorité des états s’efforçait de modifier la législation quand celle-ci était considérée comme incompatible avec la Convention européenne. On ne peut pas en dire autant de nos jours’ . cette analyse revient en fait à dire que les tribunaux ont tort quand le nombre de délinquants refusant de respecter la loi augmente. Tout cela pourrait se résumer à une querelle de juristes sur le rôle et le contenu des arrêts de la Cour de Strasbourg mais en fait il s’agit d’autre chose.  Le professeur Helmons ne fait qu’habiller de juridisme un cléricalisme d’une autre époque qu’on résumera par la formule ‘touche pas à mon crucifix’A en croire le Pr Helmons, ‘le crucifix a perdu beaucoup de sa signification religieuse dans notre société’.  Disons tout de suite qu’il assaisonne cette affirmation pour le moins audacieuse (si le crucifix n’a plus vraiment de signification religieuse, quelle symbolique porte-t-il encore ?), d’un réserve prudente en ajoutant ‘quitte à le regretter’. On sent d’ailleurs bien qu’il le regrette. 

M. Helmons décide ensuite d’enfourcher ce qui, de son propre aveux, constitue un de ses dadas favoris : les racines chrétiennes de l’Europe. Je n’aurai pas, moi, l’audace d’affirmer que ces  racines chrétiennes ne font pas partie de l’héritage européen. Par contre je soutien que cet héritage-là ne fonde que partiellement cette identité. L’héritage des Lumières et de l’anticléricalisme font aussi partie celle-ci. Notre professeur juriste démasque d’ailleurs très clairement sa conception du pluralisme.  Il refuse un espace public (les écoles officielles) neutre qui ne privilégie aucune tradition ou aucune identité religieuse pour permettre la cohabitation harmonieuse de toutes les convictions. Il lui préfère sans équivoque un espace fortement imprégné de symboles connotés qui ne font plus consensus dans notre société interculturelle. Pour justifier son choix, il se livre à des amalgames absurdes (personne n’a jamais demandé que l’on rase Vézelay ou qu’on jette les tableaux à sujets religieux à la décharge), ou il invoque des traditions qui ne sont qu’une piètre excuse à son conservatisme viscéral. Le psychologue que je suis est bien tenté de rappeler à cet éminent juriste qu’il n’y a pas de papillon sur la feuille, juste une tache d’encre et que les menaces contre les églises romanes sont dans sa tête et non dans l’arrêt de la Cour, mais peut être faut-il voir dans cette affirmation totalement gratuite une trace du passé. Regrette-t-il de ne pas avoir siégé dans un tribunal de l’Inquisitton ? elle, au moins savait comment protéger l’identité chrétienne.

Après analyse juridique d’une rare pauvreté, on a droit ici à un plaidoyer pour un cléricalisme d’un autre âge. Le Pr Helmons trouve l’arrêt de Strasbourg stupéfiant, je trouve son article décevant.



[1] Helmons, Marcus, Un arrêt stupéfiant,  La Libre Belgique, p. 51, 25/11/2009 

Enseignement. Le modèle finlandais est-il une solution ?

Les enquêtes PISA successives font peser de lourds soupçons sur les performances de l’enseignement en CFWB. Coûteux, inéquitable, inefficace sont les qualificatifs les plus répandus sous la plume de ceux qui s’autorisent à penser quelque chose à propos de notre système scolaire. L’essentiel de ces commentaires émane de trois grandes catégories de personnes : les politiques, les journalistes et quelques idéologues liés à l’un ou l’autre groupe déterminé à défendre des intérêts catégoriels. Les politiques veulent des résultats (ah, être le ministre qui nous ferait gagner quelques points dans le classement, quelle ambition !). Les journalistes sont rarement des spécialistes pointus du secteur et se contentent donc de répéter des clichés simplistes ou de relayer les ambitions des politiques. Ceux que je qualifie ‘d’idéologues’ se veulent les détenteurs de la vérité pédagogique, que celle-ci passe par le socio-constructivisme, l’école unique, l’interdiction du redoublement ou d’autres idées, qui méritent certes l’attention, mais qu’ils ont vite fait de transformer en dogmes.

Les praticiens de terrain, remarquons-le, sont les grands absents de ce débat. C’est surprenant mais ce n’est peut être pas tout à fait un hasard, nous y reviendrons.

En tout cas, un consensus semble se dégager de ce flot d’encre et de paroles : l’espoir nous viendrait du nord, des modèles scandinaves, ou, plus précisément, du modèle finlandais. Et c’est sans doute là que l’escroquerie intellectuelle commence.

Lire la suite de ‘Enseignement. Le modèle finlandais est-il une solution ?’

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