Archive mensuelle de avril 2013

Towards a church tax system in Romania ?

 Le financement des cultes va très probablement faire l’objet d’un vif débat en Roumanie. Dans ce pays, comme dans la plupart des pays de tradition orthodoxes qui faisaient partie des pays communistes, les églises orthodoxes ont récupéré leurs biens et ne semblent guère favorable à l’instauration d’une quelconque forme de pluralisme philosophique, encore moins à permettre aux citoyens d’exercer leur choix en la matière.

nos amis humaniste roumains, favorables à la séparation des églises et de l’état préféreront un système d’impôt inspiré des modèles allemands ou norvégiens au statu quo.

Media, politicians and, of course, the Orthodox Church, have been frantically debating proposed changes to the public funding of religious institutions in Romania, in recent weeks. New legislation, inspired by the German « church tax » model, would allow all citizens to direct a part of their income tax to the churches or other organisations of their choosing. This would replace the current system in which religious groups are funded at the discretion of parliament, with most funding going to the Romanian Orthodox Church.

 

The reform, proposed by Remus Cernea MP (Green Party), would save 70 millions Euro per year. Moreover it would allow citizens who do not support the church or who are non-religious to redirect their taxes to secular or humanist non-governmental organisations.

 

« We feel that the majority of Romanian citizens would approve the proposed reform. But there have been some very negative, very undemocratic replies from many politicians, » argues Cezar Maroti, president of the Romanian Humanis Association (RHA). He cites Radu Mazare, the mayor of Constanta (the city where Remus Cernea was recently elected deputy in the Romanian Parliament) who threatend Cernea that he « will break his legs » unless a public apology is offered to the Orthodox Church. Also, George Becali, former MEP, known for his strong support to Christian Orthodox issues, called Cernea « satanist », « imbecile », « devil », « animal » and said that he should be « exiled to prison » or to the « mad house » over the proposed legislation.

 

The Romanian Orthodox Church itself said the optional church tax model was « unrealistic and inadequate ». Similar systems have been introduced in several European countries included Norway and Germany.

 

Remus Cernea clearly believes that his proposal has been misunderstood. « I actually support a funding model of different religious groups. Romania doesn’t really have a law on religious funding at the moment. Funding is granted arbitrarily, at the discretion of politicians. I propose a system of financing religious groups that gives the choice to individual citizens, and will even help religion or belief groups benefit from predictable, stable and quite substantial funding. This system will strengthen their autonomy. »

 

On 25 May, the Romanian Humanist Association conference, held in conjunction with the European Humanist Federation and International Humanist and Ethical Union, will take place in Bucharest. « We advocate secularism, » said Maroti. « This is simply the idea that the church and state should be separate. This is also in the best interest of the churches and all the believers. The church should be independent and should not be controlled by politicians. Receiving money from the politicians is making the church vulnerable to political influence, which is not good for anyone. Also, the current system is unfair, unjust and it discriminates against the growing number of Romanians who are non-religious or humanist in their outlook. It’s going to be a lively debate! »

Cezar Maroti
President of the Romanian Humanist Association

Cezar Maroti [cezar.maroti@gmail.com]

 

 

Europe et laïcité, info ou promo ?

La lecture de l‘entretien entre Marcel Conradt et Ricardo Guttierez paru dans le Soir ce 5 avril me laisse une impression très mitigée. Mais, dans la mesure où j’y suis nommément cité (sans en avoir été averti), je ne peux guère faire autrement que de réagir.

Je n’ai pas lu l‘ouvrage de Marcel Conradt et ne suis donc pas en mesure de savoir si l’interview est ou non un reflet fidèle de son contenu. Mais je dois regretter deux choses, la présence, en quelques lignes de texte, de plusieurs erreurs factuelles (et si elles sont imputables à l’auteur présenté comme historien, on est en droit de s’interroger sur la nécessaire rigueur en matière de critique historique) et une analyse somme toute très superficielle des efforts des organisations laïques dans le contexte européen.

Je suis aussi bien conscient qu’il s’agit davantage dans cet article de faire la promotion commerciale d’un ouvrage que de se livrer à une étude détaillé du sujet. Je ne peux pourtant que regretter que l’auteur n’ait fait aucun effort pour me contacter, alors qu’il ne semble pas ignorer que j’ai joué un petit rôle dans ce dossier. D’autant que, manipulation de journaliste ou reflet de la conviction de l’auteur, l’article semble insinuer que le mouvement laïque « apparaît comme complice de la montée en puissance des religions au sommet de l’Union européenne ».

Corrigeons donc d’abord les erreurs factuelles.

1° En lançant le programme « Giving a Soul to Europe » en 1994, Delors n’ouvrait pas les portes de l’UE aux Eglises. Des contacts réguliers existaient déjà entre la COMECE (les épiscopats catholiques) et EECCS (le conseil œcuménique des Eglises, regroupant essentiellement des protestants et des orthodoxes). L’objectif de l’initiative (suggérée à Jacques Delors par la Cellule de Prospective) était un élargissement de ces contacts à d’autres  groupes.

2° En 1994, je n’étais plus Secrétaire général du CAL (depuis le 31 août 1993), mais bien Secrétaire Général de la Fédération Humaniste Européenne que j’ai contribué à fonder en 1990.

3° il est inexact de dire que les associations laïques n’ont jamais reçu de subsides pour des projets dans le cadre de l’initiative. Plusieurs projets ont été soutenus, dont un colloque au Parlement polonais et d’autres à Utrecht ou à Berlin. Certes les projets portés par les organisations religieuses étaient plus nombreux, mais c’était là un reflet assez fidèle des capacités financières et organisationnelles des associations laïques.

4° Enfin, le comité de l’initiative n’a rien eu à voir avec le financement des JMJ de Cologne de 2005, pour deux raisons très simples. D’abord parce que depuis au moins quatre ans, le comité ne donnait plus d’avis sur  les demandes de financement de ce type de projets. Ensuite parce qu’à cette date, l’initiative était en voie de dissolution ! Encore une fois, l’argument de Marcel Conradt ne résiste guère à la dure réalité des faits.

Enfin, sans me lancer dans un plaidoyer pro domo, je voudrais fournir à ce débat quelques éléments d’analyse.

Quand l’Initiative ‘donner une âme à l’Europe’ (c’est son premier nom) est lancée, la Fédération humaniste européenne en est à ses balbutiements. Les organisations laïques sont inconnues dans les institutions européennes où – à titre individuel – les non-croyants ont plutôt tendance à faire profil bas. Participer à l’Initiative, même en y jouant un rôle modeste ce n’était pas de la complaisance, mais l’occasion de faire connaître ce que nous étions (showing the flag, comme disent les anglo-saxons). Je me souviens encore de ce colloque organisé par la commission à Tolède en 1995 (au lendemain de l’assassinat de Rabin) qui avait pour thème ‘les religions monothéistes autour du bassin méditerranéen’. Ma première prise de parole, m’a donné l’occasion de me présenter comme athée et matérialiste. La pause-café qui a suivi a permis un entretien très intéressant avec des intellectuels musulmans qui n’avaient pas vraiment l’habitude de cohabiter avec des mécréants de mon espèce. Mais le fait que je sois un des présidents de séance me donnait une légitimité dont il eut été contre-productif de se priver.

De 1990, date de  la création de la FHE, à aujourd’hui, le travail a été long et difficile ; la plupart des associations membres n’étaient pas riches, devaient souvent mettre les combats nationaux en priorité et ne disposaient pas d’une énorme expertise européenne. Une autre de nos préoccupations était de réconcilier des visions parfois disparates de  la laïcité ou de l’humanisme (je partage pas la vision franchouillarde de Marcel Conradt qui tend à penser que la notion de laïcité est un évidence. Je conseille à ceux qui sont de cet avis quelques conversations sérieuses avec des anglais ou des norvégiens). A titre personnel, au lieu de gémir comme Marcel Conradt, je me réjouirais plutôt de voir les progrès accomplis.

Si j’avais, moi, des critiques à formuler, je ne les adresserais pas à ceux qui ont fait des choses (peut-être maladroitement), mais plutôt à ceux qui n’ont rien fait, à commencer par les parlementaires européens dont les soutiens à la FHE et aux mouvements laïques et humanistes a toujours été d’une remarquable discrétion.

Parce qu’enfin, il faut savoir ce que l’on veut. Chacun sait que les institutions européennes sont perméables aux lobbies de toute sorte. Que les églises et les mouvements religieux s’inscrivent dans cette logique n’a – à mes yeux – rien de choquant. Mais on ne combat l’influence d’un adversaire ni en le diabolisant (les mouvements religieux sont – quand on les approche de plus près – traversés de nombreuses contradictions exploitables), ni en l’ignorant. Il faut, en effet, avoir une longue cuillère pour manger avec le diable, mais pour en juger, il faut, au contraire de ce que laisse penser l’article, peser correctement les faits et ne pas se limiter à des erreurs, des demi-vérités ou des analyses de café du commerce.

«Europe : la laïcité a raté le coche»

  • Ricardo Gutierrez et Pascal Martin

Vendredi 5 avril 2013

Marcel Conradt dévoile les combats perdus des laïques face aux religieux.

Le belge Marcel Conradt avait déjà dénoncé les lobbies religieux à l’œuvre, dans les hautes sphères des institutions européennes. Son nouveau livre, « L’Union européenne, les églises et nous » (1), dévoile l’étonnante passivité des organisations laïques.

A vous lire, le mouvement laïque apparaît presque comme complice de la montée en puissance des religions, au sommet de l’Union européenne…

Les faits sont là : en 1994, c’est le socialiste Jacques Delors, alors président sortant de la Commission européenne, qui ouvre la porte de l’Europe aux Eglises en lançant l’initiative « Soul – Une âme pour l’Europe ». Par souci d’équilibre, il offre la présidence du programme à la discrète Fédération humaniste européenne (FHE), alors pilotée par le secrétaire général du Centre d’action laïque (CAL), le belge Claude Wachtelaer.

Le mouvement laïque était donc bien représenté…

Officiellement. Mais dans les faits, aucune association laïque ne rentrera de projets au programme « Soul », qui ne dispose pas de moyens énormes, mais qui contribuera tout de même au financement de projets portés par les religieux, comme les Journées Mondiales de la Jeunesse, à Cologne, subsidiées malgré un vote négatif du Parlement européen.

Sans réaction des fédérations laïques nationales ?

En Belgique, le CAL s’en désintéressait totalement. Beaucoup de laïques considéraient que les églises ne constituaient plus un danger : on avait obtenu la dépénalisation de l’avortement, les paroisses se vidaient. La laïcité marquait n’en finissait plus de marquer des points dans la vieille Europe.

Les religions ripostent ?

Le tournant, c’est la visite du pape Jean-Paul II à Strasbourg, en 1988 : il trace alors les contours de ce qui deviendra l’article 17 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, disposition qui instaure une obligation de « dialogue » avec les églises, les associations philosophiques et non-confessionnelles. Un dialogue officieux avec la seule Commission, dans un premier temps, avec une liste de « partenaires » qui restait secrète. Puis un dialogue étendu au Conseil et au Parlement européens.

Les laïques avaient manifestement voix au chapitre.

Oui, mais si les églises ont fait leur travail, porté leurs revendications, les laïques, en revanche, ont été piégés par leur individualisme, leur manque de stratégie, d’organisation.

Le président du CAL, Pierre Galant, préside la Fédération humaniste européenne, depuis mai 2012…

J’ai l’espoir que son dynamisme, son réseau et une équipe qu’il maîtrise rendront à la Fédération le poids politique qu’elle devrait avoir. Il est plus que temps : ces 20 dernières années, admettons que nous avons raté la structuration de la laïcité dans l’Union européenne. Nous sommes seuls responsables de cette situation. Il faut, d’urgence, restaurer une expertise laïque, au sommet de l’Europe. Peser à nouveau sur les combats qu’inspirent la laïcité. Ne pas se contenter de réagir aux débats qu’on nous impose.




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