Archive mensuelle de juin 2012

Vacances scolaires, des congés pas payés ? Vérités et mensonges.

 

Ce texte est une réponse à http://www.enseignons.be/actualites/2012/06/19/vacances-scolaires-conges-pas-payes-2/

 

Je félicite l’auteur de l’article « les vacances scolaires, ces congés pas payés » de son habileté. Il parvient à redonner vie au mythe de l’enseignant pas payé pendant les deux mois d’été en choisissant un angle d’attaque subtil, celui du salaire différé des temporaires prioritaires. Il en résulte une théorie selon laquelle les mois d’été seraient du congé sans solde. Ce qui aujourd’hui est une inexactitude, pour ne pas dire une sottise. Parce que, et je n’ose croire que l’auteur ignore ce détail, en matière de rémunération, la seule base solide de réflexion ou de comparaison est – évidemment – le salaire annuel.

Que l’enseignant temporaire – effectivement licencié en fin d’année scolaire – soit soumis au régime du salaire différé ne change rien à l’affaire. Le système permet d’éviter des variations trop grandes dans la rémunération de ceux qui sont réengagés en septembre. Pour les autres, ils suivent le sort de tout intérimaire ou de tout bénéficiaire d’un CDD qui se termine.

Doit-on aussi rappeler que les temporaires prioritaires bénéficient d’un droit prioritaire au réengagement ? Et, puisqu’on en est aux rappels, soulignons que si les débuts de carrière sont parfois difficiles pour les jeunes profs qui affrontent une succession d’intérims, cet état de fait est rarement la conséquence de la mauvaise volonté des méchants patrons. Il y a – comme tous les spécialistes des statuts le diront – une corrélation certaine entre ces successions d’intérims et la protection dont bénéficient les agents nommés. Le droit aux divers congés dont ceux-ci  bénéficient, mais qui bloquent les emplois pendant un certain temps, le droit à la réaffectation en cas de perte d’emploi et d’autres dispositifs expliquent bien des choses. On peut avancer que le confort des uns crée l’inconfort des autres, chacun appréciera selon le statut qu’il occupe. Mais j’ai rarement vu un enseignant nommé refusé d’être réaffecté parce qu’il chassait un temporaire de son emploi.

 

J’en reviens donc au salaire annuel des enseignants, seule base valable pour comparer les salaires des enseignants à ce qui se passe ailleurs, que ce soit en Belgique ou à l’étranger.

Pas de raison de pavoiser, mais pas de raison de désespérer non plus.

En matière de comparaison internationale, la difficulté vient du fait que l’exercice porte sur les salaires, mais ne tient pas compte du pouvoir d’achat dans chaque pays. On sait que si les enseignants polonais sont les moins bien payés, le niveau de vie en Pologne est inférieur au nôtre. Les salaires les plus importants sont ceux du Luxembourg et de l’Allemagne, pays dont le niveau de vie n’est pas strictement comparable.

Par contre, il est parfaitement possible de comparer les salaires au niveau belge. Ici, l’article pèche par son imprécision et sa propension à tordre le cou à la vérité.

Si l’on s’en tient strictement à la comparaison du salaire annuel au sein de la fonction publique, les choses sont moins caricaturales que ne le voudrait l’auteur. Si je m’en réfère aux barèmes 301 et 501 et si je compare ceux-ci aux barèmes de la charte sociale qui sert de référence aux administrations communales bruxelloises, les différences restent dans des limites raisonnables. Dans le service public, rappelons-le, les rémunérations se font en fonction du grade et – corollairement – des diplômes. La pénibilité du travail, l’investissement des gens – qu’on le regrette ou non – ne sont jamais pris en compte. Or que constate-t-on ? Un master pédagogique (barème 501) commence avec un salaire (annuel brut à 100 %) à 21 333 € contre 21.494 € pour un fonctionnaire communal de grade équivalent. Au niveau des bacheliers ont est à 17 081 € (301) contre 15 804 € pour le fonctionnaire de niveau B. Les fins de carrière intègrent – et c’est normal – le principe de la « carrière plane » pour les enseignants. On a donc 37 630 € contre 34 188 €, voire 37 299 € pour autant que le fonctionnaire bénéficie d’évaluations positives.

Au niveau des bacheliers, on en est à 29 670 € contre 23 593 € pour un fonctionnaire (montant éventuellement à 27 892 € aux conditions ci-dessus).

On peut considérer que l’ensemble de la fonction publique est sous payée, mais il faut avoir l’honnêteté d’admettre que les enseignants ne subissent pas un sort scandaleux à niveau de formation égale.

 

Par contre, l’article flirte avec le mensonge éhonté quand il s’agit d’évoquer les prestations des enseignants. Ici aussi, la chose est menée avec habileté.

Les congés n’auraient cessé de se réduire et les prestations d’augmenter ! Pur délire.

En 1968, ma première année de service comme instit, notre plage horaire était de 22 à 28 périodes, l’horaire de mes élèves de 32 (je donnais cours le samedi) et je donnais 28 périodes. Si je ne m’abuse, l’horaire de ce même instit est aujourd’hui de 24 périodes. Où est l’augmentation de charge là dedans ?

Le comble de la mauvaise foi est d’invoquer à la rescousse d’une argumentation boiteuse:le volontariat. Les enseignants ont congé du 1er juillet au 31 août, point à la ligne. Si un enseignant choisit de repeindre sa classe du 20 au 25 août, c’est méritoire, mais c’est sa liberté. Personne ne pouvant le contraindre, il ne peut pas non plus intégrer ces prestations dans son horaire normal.

En ces matières, le grand malentendu vient sans doute du décalage entre deux conceptions du travail.

Les fonctionnaires, et les travailleurs du privé, exercent 100 % de leur activité dans ce qu’on appelle du « temps contraint ». Parfois, ils sont contrôlés par une pointeuse. En contrepartie, ils peuvent considérer qu’une fois leur 37h30 prestées, ils ne doivent plus rien à leur employeur. Pour les enseignants, les choses sont objectivement plus complexes. Le temps contraint se limite à leurs prestations devant les élèves, aux concertations et à une série d’obligations (objectivement mal définies) comme les réunions de parents et autres. Le reste, comme le rappellent les textes et les circulaires, relève de leur liberté personnelle. Or, la liberté est toujours plus difficile à gérer que les règles strictes.

Si, pour une préparation, vous prenez dix minutes ou trois heures, peu importe, seul le résultat compte. Sinon, il faudra bouleverser complètement le système actuel et obliger tous les enseignants à prester 37h30 dans l’école. Outre les contraintes au niveau des infrastructures que cette réorganisation impose, on n’est pas certain qu’elle sera accueillie avec enthousiasme par les nombreuses mères de famille qui préfèrent corriger quand bébé dort que de le laisser mijoter à la crèche en attendant de pouvoir aller le récupérer une fois les 37h30 prestées.

La fatigue de la fin d’année excuse peut-être quelques approximations, mais depuis quand le mensonge sert-il une cause, même juste ?

Statut et gestion des ressources humaines sont-ils incompatibles ? GRH et enseignement.

 

La première réalité à prendre en compte c’est qu’il y un statut par réseau. Pas pour protéger le Pacte scolaire comme l’écrivait quelqu’un, mais parce que les employeurs des enseignants appartiennent à des catégories différentes. Ceux de la CFWB et du subventionné officiel sont des fonctionnaires, ceux du libre ne sont pas employés par des services publics.

 

La deuxième c’est l’objectif poursuivi par l’ensemble des statuts : la protection maximale des droits individuels. L’exemple actuel illustre cette caractéristique jusqu’à la caricature.

 

Cette hyperprotection, qui marque ses effets dans tous les domaines de la gestion des carrières (nominations, licenciement, mutations, disciplinaire, etc.), rend la gestion des ressources humaines très difficile. L’enseignement est peu perméable aux idées modernes en matière de GRH. Contrôle de la qualité, évaluation des compétences, rémunération au mérite, leadership des directions, management des ressources sont autant expression quasi tabou.

 

A longueur d’interventions sur ce forum, une majorité de participants jouent à Caliméro. Le métier serait le plus difficile, le moins reconnu. L’arbitraire serait partout et les profs des victimes systématiques. Cette légèreté d’analyse est encore renforcée par l’effet pervers de l’existence des réseaux. Ici, c’est mieux qu’en face, pousse chacun à minimiser les dysfonctionnements de son réseau et à caricaturer celui des autres. Ajoutons enfin, l’expression très majoritaire d’un poujadisme latent qui amène nombre de contributeurs à exprimer systématiquement un mépris du politique considéré comme la source de tous les maux. Par parenthèse, on doit s’interroger sur la capacité de travailleurs aussi critiques – et parfois démagogiques – à former des citoyens responsables et motivés (et qui doivent donc développer un regard critique, mais malgré tout confiant dans la démocratie).

 

Peut-on identifier des causes à cette situation ? C’est sans doute difficile sans une analyse approfondie, mais quelques hypothèses semblent assez plausibles. La réalité de certains comportements arbitraires de certains PO. Après plus de 40 ans de carrière, je n’ai évidemment plus d’illusion sur ce sujet. La lutte menée par la CSC enseignement contre les PO du réseau libre (les plus portées à l’arbitraire et au mépris des droits des agents ?) avec pour objectif évident de leur rogner les ailes. L’impact indirect sur les PO de l’officiel subventionné (en oubliant que ce service public de proximité est dirigé par des responsables démocratiquement élus) qui donne aux enseignants communaux une protection bien supérieure à celle de leurs collègues de la même administration communale. La préoccupation, compréhensible, des organisations syndicales de jouer leur rôle d’ » assurance-vie » vis-à-vis de leurs affiliés et, donc, de maximiser la protection individuelle des droits au détriment de l’intérêt général.

 

La conséquence un système cadenassé qui explique – au moins partiellement – le marasme actuel. Pas de valorisation des mérites ou des efforts individuels (formations ou diplômes complémentaires peu ou mal récompensés), pas de gestion des compétences et résistance quasi systématique à l’évaluation, protection individuelle maximale malgré l’impact négatif sur la vie des équipes et la gestion des projets, refus de valorisation de la fonction de direction (et donc refus de reconnaître l’importance d’un bon leadership). Ajoutons à cela la victimisation des acteurs (nos employeurs magouillent, les parents sont méchants, la société nous méprise, etc.) et voilà un bilan très peu enthousiasmant.

Il faudra bien un jour trouver un vrai consensus sur ce que sont une école efficace, un enseignant efficace, un chef efficace, sur comment qui mesure cette efficacité, comment on la promeut et comment on la valorise. La Belgique est à la traîne dans tous ces domaines de réflexion. Pourtant cela motiverait les nombreux acteurs qui n’ont pas à rougir de leur travail et permettrait de se débarrasser des autres qui n’ont rien à faire dans un secteur prioritaire.

Cet article a été publié sur le site www.enseignons.be dans une discussion sur les remous causés par des changements d’affectation des préfets des AR d’Andenne et de Dinant.

Régionaliser l’enseignement ? Dépassons les tabous.

Il y plusieurs années que je dis que nous n’échapperons pas à un vrai débat sur la régionalisation de l’enseignement. c’est donc bien volontiers que je fais écho au manifeste ci-dessous qui pose de bonnes questions.

Comme Bruxellois, je suis convaincu que nous devons assumer les spécificités de notre région. La régionalisation de l’enseignement permettrait sans doute de mieux articules compétences de l’enseignement, de la formation et de l’emploi. La solidarité francophone ne me paraît pas être une justification suffisante à l’immobilisme.

Quant à l’enseignement pluraliste, les dinosaures dont je suis qui ont connu le lancement du concept dans les années 70 s’étonnent bien souvent de l’oubli dont souffre cette belle idée. Ceux qui critiquent les effets pervers de la multiplication des réseaux semblent souffrir d’une amnésie sélective par rapport à ce qui est pourtant la tentative la plus élaborée de mettre fin aux concurrences stériles. A moins que ceux qui plaident pour la fusion, comme le Pr Deschamps des FUNDP, ne visent en fait que la fusion des réseaux officiels ?

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COMITÉ D’ACTION POUR UN LARGE ET

LIBRE CHOIX DES LANGUES EN WALLONIE

juin 2012

 

Promouvoir l’apprentissage des langues étrangères en Wallonie:

Quelles réorientations institutionnelles pour la politique de l’enseignement ?

 

 

On le sait, nos sociétés subissent des évolutions rapides et souvent profondes du fait de ce qu’on est convenu d’appeler la globalisation. La croissance du savoir, des découvertes et des informations est exponentielle. Avec  le développement des nouvelles technologies, d’Internet et des moteurs de recherche, la mondialisation de la communication met à la disposition de chacun un volume de connaissances inédit dans l’histoire. Ces multiples phénomènes font système et suscitent de profonds bouleversements à la fois économiques, sociaux, politiques et culturels, lesquels diffusent à leur tour, un sentiment d’insécurité lié, notamment, à la difficulté qu’éprouvent les individus à comprendre et à maîtriser les  changements à l’œuvre.

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