Archive mensuelle de mai 2012

Exorcisme, l’église catholique au secours de la superstition.

On aurait dû s’en douter, le front commun des monothéismes est toujours prompt à se reconstituer pour défendre l’indéfendable.

Le procès consécutif au décès de Latifa Hachimi a mis en lumière les dangers des pratiques liées à l’exorcisme dans la religion musulmane. On essaie de nous faire croire que la pratique serait sans danger et viserait uniquement à apporter à des personnes en détresse un soutien spirituel. Les constats qui découlent de l’enquête prouvent, au contraire, que pratiqués par des charlatans, des ignares, des brutes – ou les trois à la fois – ces rituels sont dangereux et conduisent aux drames que l’on sait.

On a donc un peu de mal à comprendre qu’on puisse minimiser le constat en tenant un discours du style « ne confondons pas une pratique respectable et une dérive exceptionnelle », un accident de parcours peu représentatif, en quelque sorte.

Que ce type de plaidoirie soit proposé par des musulmans mal à l’aise devant une nouvelle possible stigmatisation, passe encore. Quand on se sent accusé, on a tendance à utiliser n’importe quel argument, mais qu’est-ce que l’Église catholique vient faire là dedans ?

En fait, la mise au point de Tommy Scholtès, porte-parole de la conférence épiscopale, tombe à pic pour recadrer le débat. Je dois d’abord donner acte à M Scholtès de l’aspect le plus positif de sa prise de position. Il ne s’agit pas, face à ce fait divers sordide, de stigmatiser les gens de confession musulmane. Il s’agit – et j’assume pleinement ce que mes propos peuvent avoir de virulent – de prendre le point de vue de M. Scholtès au sérieux et de dénoncer, à partir de celui-ci, la coalition des réactionnaires et des obscurantistes, toutes religions confondues.

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Des plafonds qui tombent aux gens qu’on expulse – l’exagération médiatique.

 

On ne peut qu’être confondu par le traitement de certaines informations dans les médias apparemment sérieux.

 

Deux exemples récents illustrent selon moi les dérives qu’entraînent le nouveau discours médiatique qui sacrifie – quasi systématiquement – l’analyse rationnelle de l’information à l’émotion, à la victimisation voire au sensationnalisme.

 

Il y a trois jours, un train de marchandises en percute un autre à Godinne. Malheureusement, l’un des convois comporte des wagons de produits toxiques. Appliquant un concept très à la mode, l’autorité respecte le principe de précaution et évacue un certain nombre d’habitants résidants à l’intérieur d’un périmètre de sécurité. Tous les gens raisonnables ne peuvent qu’applaudir. L’accident n’a fait que deux blessés légers. Les autorités compétentes ont réagi rapidement et efficacement. Les habitants ont été mis à l’abri. Certes, et ne croyez pas que je sois sans cœur, ce type d’incident entraîne son lot de petits soucis. Untel n’a pas emporté assez de slips, unetelle a laissé Médor à la maison. Mais, grâce à la sollicitude des services compétents, la propriétaire de Médor a récupéré son chien-chien chéri et des slips on en vend dans toutes les grandes surfaces des environs. Le bon docteur – qui n’a plus accès à son cabinet – sera en chômage technique pour quelques jours, mais – tout bien pesé – ces inconvénients n’ont qu’un lointain rapport avec l’offensive von Rundstedt.

Il faudrait dès lors que des spécialistes de la sémantique m’expliquent pourquoi, au JT de la RTBF de ce lundi 14 mai, les habitants évacués deviennent des habitants expulsés.

Pour moi qui ne suit pas un linguiste patenté expulsé veut dire – excusez la trivialité – foutu à la porte et pas évacué ce qui signifie – toujours pour le béotien que je suis – mis à l’abri.

On me dira que je chipote. Peut-être mais j’insiste sur la nuance. L’évacué est une victime prise en charge. L’expulsé est une victime persécutée. Le premier est pris en charge par les autorités, le second négligé par celles-ci. Dans un discours médiatique où les autorités, politiques et administratives sont systématiquement soupçonnées d’incompétence, ce glissement sémantique est loin – très loin – d’être innocent.

 

Mon deuxième exemple va dans le même sens. Celui de la victimisation et de l’exagération.

Il était une fois une école installée dans des bâtiments, provisoires depuis 1928 ! A l’évidence, le bâtiment est en fin de vie. Les autorités ont d’ailleurs décidé de le détruire et de reconstruire l’école ailleurs. Le projet de reconstruction a pris plus de deux ans de retard parce que les intégristes du patrimoine ont demandé le classement de ce bâtiment vétuste et inadapté à l’enseignement du 21è siècle.

Deux vagues d’émotion – médiatisées – se sont succédé en l’espace de quelques jours. La première résulte de la diffusion – inopportune – d’un rapport relatif à la stabilité du bâtiment. Mal compris, le rapport – nullement alarmiste – sème pourtant la panique. Cette anecdote sera pourtant relayée par des médias en quête de sensationnel.

La deuxième trouve son origine dans un événement encore plus anodin. Toujours dans la même école, certains plafonds sont composés de plaques de carton compressé de 40 cm sur 40. Elles ne pèsent pas grand-chose et – malheureusement – parfois, elles se décollent et elles tombent. Ici, la semaine dernière, une ces plaques est tombée sur la tête d’une maman. Je ne suis pas certain qu’elle ait eu plus qu’une bosse.

Mais, qu’en on dit les médias ?  Eh bien, tout simplement qu’ » un plafond s’effondre à l’école… ». Si je prends cette info au sérieux, je n’échapperai pas à des images de centre commercial ou de salle de sport dont le plafond écrase clients ou spectateurs. Une vision très éloignée de la réalité de l’école en question mais très induite par une manipulation des images ou des mots.

 

La conjonction du recours constant à l’émotionnel et de la critique de l’autorité pervertit de manière inquiétante le discours médiatique.

Il est certes légitime d’interpeller le politique et les administrations, mais il serait bon que les médias rendent aussi compte des difficultés que les uns et les autres éprouvent pour répondre aux aspirations des citoyens. Il serait encore plus nécessaire que les médias cessent d’entretenir l’illusion que les responsables politiques et administratifs peuvent garantir aux citoyens une vie sans malheurs ou sans aléas.




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