Archive mensuelle de avril 2011

Anthony Burckhardt, le réac au look de rocker.

Le Soir de ce 12 avril redonne la parole à Anthony Burckhardt ‘porte parole de la Marche pour la vie’. Anthony est jeune, plutôt mignon, porte un petit chapeau à la mode et – au total – cultive un look plutôt sexy qui plaît sûrement aux jeunes filles de bonne famille, et accessoirement aux journalistes.
Il n’empêche qu’Anthony est un réac, un vrai de vrai. A 22 ans ce poisson pilote de la Curie romaine a décidé de mener une croisade contre les lois dépénalisant l’avortement en Europe. Sa première cible étant, bien naturellement, la loi Lallemand-Michielsens.

Notre bon apôtre s’est fixé des objectifs clairs et une stratégie simple.

Au rang des objectifs, pas de fioritures. Il s’agit – ni plus, ni moins – de revenir sur l’acquis que constitue la loi. M. Burckhardt ne semble pas avoir compris que la loi Lallemand-Michielsens n’oblige personne a avorter, mais que son objectif essentiel était – et est toujours – de résoudre un problème de santé publique, l’avortement clandestin.
Ceux qui douteraient de cette volonté de régression et d’entrave au libre choix des femmes peuvent consulter le n°9 du « Cri du kot  » (« http://cerclegustavethibon.hautetfort.com/media/01/02/806982474.pdf ») dont notre rocker réac est le rédac chef.

La lecture de ce journal estudiantin catholique des Facultés de Namur est suffisamment édifiante pour me dispenser de plus long développements. Pour s’imprégner un peu plus du climat idéologique dans lequel baigne notre nouveau croisé, je recommande un petit plongeon dans le blog «Vérité et espérance 3000 » (http://verite-esperance.blogspot.com/2008/11/numro-71-octobre-novembre-dcembre-2008.htm). Ce petit bijou de fidélité à Benoît XVI permet comprendre tres rapidement qu’en dépit de son look branché Anthony n’a rien d’un chrétien progressiste. Ce n’est pas lui, par exemple que l’on prendrait à critiquer la hiérarchie écclésiastique. En témoigne son rôle dans le lancement de la pétition en soutien à Mgr Léonard en décembre dernier ((http://www.christianophobie.fr/breves/belgique-petition-pour-la-liberte-dexpression-de-leglise-et-rassemblement-de-soutien-a-mgr-leonard-le-5-decembre).

Enfin, constatons que M. Burckhardt pourrait se contenter de militer contre l’avortement, inciter les femmes à préférer l’abandon d’enfant pour favoriser l’adoption. Ce sont des positions qui ne sont pas les nôtres mais qui ne nous choquent pas. Mais notre croisé considère l’IVG comme le mal absolu qui doit être combattu en toute circonstance. En témoigne la critique d’un numéro du « Cri du Kot » sur la page Facebook du cercle des étudiants libéraux des FUNDP (http://www.facebook.com/topic.php?uid=72198210995&topic=7530).

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Qui veut éradiquer Ferrer ?

C’est la question qu’on peut légitimement se poser en lisant le n° de février de Charleroi magazine. L’échevine socialiste de la citoyenneté, Françoise Daspremont, s’y explique – longuement – à propos de la nécessité de renommer 386 des 2131 rue de Charleroi. Cette opération se justifierait, entre autres par la nécessité de faciliter la vie aux concepteurs de GPS.
L’opération sera divisée en 28 lots successifs pour lesquels, dans un grand élan participatif et citoyen, notre échevine consultera les habitants pour leur demander quelles alternatives ils entendent proposer.
Le premier lot compte 13 noms et – mais est-ce un hasard ? – le nom de Francisco Ferrer y apparaît 9 fois.
Rien étonnant donc de voir la couverture du magazine faire sa couverture avec cette manchette éloquente rue Ferrer… laquelle ?

Voir une mandataire PS s’engager à fond dans une démarche visant à faciliter la vie des dirigeants de Garmin ou de TomTom peut surprendre (même si l’article ne manque pas d’invoquer l’argument massue des délais d’intervention des services de secours). Balayer, dans un premier lot, une figure historique de la gauche surprend davantage. Certes, le fondateur de la Escuela Moderna était anarchiste et non socialiste, mais quand même.
La Belgique pouvait s’honorer d’avoir rendu massivement hommage au martyr de Montjuich. Les villages et villes de Wallonie s’étaient efforcés de perpétuer le souvenir de cette innocente victime de la droite cléricale en donnant son nom à de nombreuses rues de localités ouvrières. Et voilà qu’une élue de cette gauche (caviar ?) choisi cette figure hautement symbolique pour figurer dans la première charrette d’une réforme bureaucratique.
Supprimer, ici et là, une rue des Tilleuls ou une avenue du Couvent laisserait sans doutes quelques regrets, mais toucher à une icône du progressisme ne peut manquer d’interpeller.

On peut se demander ce qui se passerait si en France, dans un même élan technocratique ont voulait éradiquer les doublons que constituent les innombrables rues Gambetta, Charles de Gaulle ou Jean Jaurès ? Mais la France a conservé à la fois un certain sentiment républicain et le sens du ridicule.
En tout cas cet aspect de la question ne mérite pas une ligne dans un article tout imprégné d’un bel enthousiasme réformateur. Les noms de rues constituent des balises historiques, cette évidence ne semble guère préoccuper le Collège carolo.
Je crains seulement que la consultation populaire de Mme l’Echevine de la citoyenneté, joliment baptisée « rue des doublons », ne débouche sur des propositions bien modernes. Après tout si Ferrer s’efface au profit d’une rue de la Star’ac ou d’une avenue Lady Gaga, on pourra toujours dire que du passé on a fait table rase!

Je remercie le Pr Anne Morelli d’avoir attiré mon attention sur cette initiative, j’espère que certains amis laïques – nostalgiques et ringards assumés comme moi -feront circuler l’information autour d’eux.




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