Archive mensuelle de mars 2011

Crucifix. L’affaire Lautsi, une victoire des lobbys chrétiens en Europe.

Vous n’êtes pas croyant. Vous inscrivez vos enfants dans une école publique italienne. Vous aimeriez que ceux-ci échappent (au nom d’une certaine idée du service public) à un endoctrinement religieux subliminal. Vous protestez donc, vous épuisez – comme on dit – toutes les voies de droit au niveau national. En fin de compte – et en désespoir de cause – vous en arrivez à saisir la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg. Celle-ci se prononce en votre faveur, estimant que la neutralité est une attitude tout à fait appropriée pour un service public.
Ne vous croyez pas tiré d’affaires pour autant. En fait, les problèmes ne font que commencer. Cette décision de la Cour est en effet inacceptable. Pour les lobbys religieux, qui voient là (nous y reviendrons) une victoire scandaleuse du camp laïque. Pour l’Etat italien, ou plutôt pour son chef. Berlusconi, s’il aime mettre des petites mineures dans son lit, n’en tient pas moins à défendre les valeurs chrétiennes. Je peux le comprendre, ne croyant ni à Dieu ni à Diable, je fais volontiers mien le slogan « atheist do it whithout guilt ». Berlusconi, s’il croit en Dieu, a tout intérêt à commencer par s’assurer les bonnes grâces de l’Eglise. Enfin, la famille Lautsi devra aussi affronter les foudres du Vatican et de ses satellites.
Tout cela mènera à un appel et à une nouvelle décision de la Cour (réunie en assemblée plénière).
Pas de surprise dès lors, tous les pays qui n’ont pas encore rompu avec le cléricalisme ont admis qu’il était légitime, pour l’Italie, d’estimer que le crucifix fait partie de l’identité nationale.
On verra plus loin la clarté de l’argumentation de l’un des principaux lobbies qui sont intervenus dans ce dossier. L’European Centre for Law and Justice explique, sans ambigüité, l’importance de la victoire que représente ce jugement. Il ne s’agit, ni plus ni moins de casser la dynamique de la sécularisation en Europe. En réaffirmant la prééminence des valeurs et de l’identité chrétienne en Europe, cette affaire va freiner la tentation de créer une société post-religieuse dont certaines valeurs comme le pluralisme sont totalement insupportables. Nous voilà prévenus !

Pour ceux qui douteraient encore, je joins le communiqué de ECLJ qui vaut bien des discours sur le thème du cléricalisme. Lire la suite de ‘Crucifix. L’affaire Lautsi, une victoire des lobbys chrétiens en Europe.’

Boussoufa et les directeurs d’écoles. Quelques remarques sur la confusion des valeurs.

La Belgique a retenu son souffle pendant plusieurs heures. Mbark Boussoufa, le joueur vedette d’Anderlecht allait-il, oui ou non, aller jouer en Tchétchénie ? Rassurez-vous braves gens, l’honneur est sauf. L’enfant prodige du RSC Anderlecht ne vendra pas son âme au diable en allant – contre monnaie sonnante et trébuchante – étoffer l’équipe du dictateur Kadyrov. Il a décidé de rejoindre un club du Daguestan (??) qui ne versera que 8 millions d’euros au club au lieu des 12 millions promis par les Tchétchènes.

Vous me demanderez ce que les chefs d’écoles ont à faire là dedans ? Apparemment pas grand-chose et c’est peut être bien le problème.

D’abord, l’affaire Boussoufa illustre, une nouvelle fois et jusqu’à la caricature, la domination du fric roi. Les Tchétchènes ont bien d’autres soucis à régler que le football. Le fantoche que les russes ont propulsé à la tête du pays veut leur offrit du pain et des jeux, fort bien. Le RSC s’honore-t-il en acceptant – d’un cœur léger – de toucher sa part des trente deniers de Judas, chacun jugera.

Mais la personnalité de Mbark Boussoufa, ou ce que les médias nous disent d’elle, ne manque pas d’interpeller. Ce petit bruxellois issu de l’immigration – et du centre de formation du club – est, incontestablement, un surdoué de la baballe. Est-ce une raison de pleurnicher, comme l’on fait les dirigeants du club aujourd’hui, sur son départ, sur le vide qu’il laisse, etc. ? Mbark Boussoufa part pour le Daguestan un pays pauvre, instable, menacé par le terrorisme. En contrepartie, il recevra un salaire annuel de 2 millions et demi d’euros, je ne vais pas pleurer !

Le gouvernement de la CFWB vient, lui, d’enterrer – pour quelques années – l’espoir d’une revalorisation financière du salaire des directeurs de l’enseignement fondamental. La mise en relation de ces informations apparemment sans rapport devrait nous inciter à réfléchir sur la société dans laquelle nous vivons.

Avec tout le respect que je lui dois, l’utilité sociale de M. Boussoufa, comparée à celle d’un chef d’école me paraît voisine de zéro. Il pratique un sport de haut niveau totalement corrompu par l’argent et qui n’a plus que de très lointains rapports avec les bienfaits du sport sur la santé ou avec les valeurs de l’amateurisme. Il est, comme ses partenaires des grands clubs, le complice d’une farce perpétuelle dont les mots d’ordre sont la mauvaise fois (je n’ai pas tiré son maillot), la tricherie (ce n’était pas ma main, je le jure) ou la corruption et les magouilles. Ces exemples déplorables sont repris par des supporters friands de violence et de racisme.
Alors, oui – et ça ne m’arrive pas souvent – que Mbark Boussoufa empoche annuellement 2,5 millions alors qu’on refuse deux ou trois cents euros de plus par mois à des directions m’énerve un peu.
Je ne suis pas naïf, je sais qu’il ne faut pas tout mélanger. Je n’ignore pas que les écoles de la CFWB ne génèreront jamais de juteux contrats pour Belgacom TV. Mais le cas Boussoufa – sans même s’obnubiler sur l’anecdote – délivre un message scandaleux.
Des tas de gens modestes font pour des salaires parfois ridicules des boulots difficiles. Des tas de gens assument, au quotidien, des missions essentielles dans la discrétion et sans reconnaissance sociale. Mettre les projecteurs sur Mbark Boussoufa – aussi sympathique soit-il – uniquement parce qu’il court vite en short et qu’il sait où envoyer un ballon n’est un bon signal pour personne et surtout pas pour la jeunesse. Une fois de plus, on veut convaincre qu’il n’y a de réussite que par le fric et le spectacle. Ce message se diffuse au détriment de la mise en avant du mérite et de l’effort. Comme le disait quelqu’un, dans l’enseignement – mais dans d’autres métiers aussi – nous sommes, face à cette lamentable comédie, les défenseurs d’un idéal que tout dément. C’est dans ce constat désolant, plus que dans toute autre analyse, qu’il faut chercher l’explication du malaise de la profession enseignante.




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