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Archive mensuelle de novembre 2010

la Brise – imprévoyance à Watermael ?

Fermera, fermera pas ?
Le sort de La Brise (alias Athénée Royal de Watermael) fait la une de l’actualité bruxelloise.
Une école qui meurt est toujours un histoire triste. Mais cela ne doit pas nous empêcher de jeter un regard rationnel sur la situation actuelle. D’autant que les déclarations successives des Ministres responsables (Mme Simonet et M. Nollet) imposent de s’interroger sur divers aspects de la gouvernance de l’enseignement en CFWB. Voyons donc quelques problèmes.

Les normes.
La Brise est sous la norme des 400 élèves. En principe, cela contraint le Pouvoir organisateur à fermer ou à fusionner. La règle a déjà joué pour des établissements du subventionné. La CFWB l’a envisagé, elle l’a même décidé en fait. Mais le buzz médiatique de ces derniers jours semble avoir fait reculer la Ministre. Elle a donc sorti un lapin de son chapeau. il y aurait un projet communal de construction de logements sociaux qui pourrait faire remonter la population scolaire !? Personne, dans les médias, ne semble être préoccupé par cette avalanche de conditonnels, mais passons … .

Le bâtiment.
Apparemment, les locaux actuels de l’A.R. tiennent plus de la cage à poule que du nec plus ultra de l’architecture. Il semblerait que le coût de leur rénovation soit exorbitant. Si ce constat a pour intérêt de favoriser une bonne prise de bec entre Nollet et Simonet, , je crains qu’il ne fasse guère l’affaire de ceux qui donnent cours dans ces locaux.

L’anticipation.
Le grand défi de l’enseignement bruxellois pour les vingt prochaines années, c’est la démographie. Tous réseaux confondus, le manque de places va se faire cruellement sentir. Mais le gouvernement de la CFWB vient de commencer (depuis moins d’un an) à s’intéresser au problème. Et les autorités de la CFWB envisagent de fermer – purement et simplement – des infrastructures et laissent, d’autre part, se détériorer d’autres espaces.

Le mal ainsi identifié. Quels en sont les causes ?

Je me permettrai de formuler ici quelques hypothèses sans valeur scientifique, mais qui se fondent sur une expérience significative.

Juge et partie.
Le gouvernement de la CFWB est, à la fois, l’autorité régulatrice de l’enseignement et un Pouvoir Organisateur parmi d’autres. Elle finance et elle concurrence. Elle fixe les règles et – comme dans ce cas précis – elle s’autorise à les transgresser, sans réelle justification. Il serait donc temps de réfléchir à doter l’enseignement de la CFWB – à l’imitation de ce qui s’est fait en communauté flamande – d’un pouvoir organisateur autonome , raisonnablement indépendant du gouvernement de la CFWB.

La distance avec le terrain.
A Bruxelles en particulier, les établissements de la CFWB sont des ilôts autonomes. Coupés des autorités communales, coupés des écoles primaires qui sont souvent leurs plus gros fournisseurs. Un isolement institutionnel renforcé par la fréquente rotation de l’encadrement. Il n’y a pas si longtemps que l’on parlait à Bruxelles de valse des proviseurs. Compte tenu de toutes ses responsabilités, il est clair qu’un préfet met plusieurs années à se constituer un réseau local. Le rythme des changements d’affectation rend cette ambition très illusoire. Les écoles de la CFWB sont donc très mal armées pour être réellement au service de la communauté comme l’envisagent les anglo-saxons. Si l’on ajoute à ce constat (qui n’implique aucune critique à l’égard des acteurs de première ligne, souvent dévoués et courageux) que les bruxellois sont minoritaires dans les Cabinets ministériels, on comprend que la complexité des réalités bruxelloises ne soit guère prise en compte.

Un réseau superflu ?
Il faut oser poser la question qui fâche. Dans la logique qui a présidé à la mise en place du système éducatif belge (logique largement dominée par l’Eglise catholique), l’Etat devait avoir, en matière d’enseignement, un rôle essentiellement supplétif. Pour ce qui concerne l’enseignement public – et c’est particulièrement vrai en région bruxelloise – ce sont surtout les réseaux communaux et provinciaux qui ont été à la pointe du combat.
En région wallonne,et particulièrement dans les zones rurales, l’enseignement de l’Etat a rempli un rôle essentiel en garantissant le libre choix philosophique. En région bruxelloise, ce rôle est beaucoup moins évident, particulièrement dans les communes qui ont leur propre enseignement secondaire.
Ces pouvoirs communaux peuvent, en plus, mobiliser plus facilement les synergies des services communaux et disposent, plus facilement que les écoles de la CFWB, d’informations pertinentes face aux évolutions sociétales. Au moment où tout le monde vante le modèle finlandais, il convient sans doute de s’interroger sur la possibilité – comme c’est le cas là-bas – de confier aux communes la gestion de l’enseignement officiel. Pour une série de celles-ci (Bruxelles mais aussi Anderlecht, Schaerbeek, Ixelles) cela ferait à peine une différence. Pour d’autres – et en réfléchissant au rôle que la COCOF pourrait jouer – l’effort ne serait pas démesuré.
En tout cas, je suis convaincu qu’une approche pragmatique et allant dans le sens de la décentralisation, nous éviterait le ridicule de la situation actuelle d’un PO qui veut maintenir une école que les normes condamnent, dans un bâtiment insalubre qu’on refuse de rénover parce que les coûts sont trop élevés, le tout dans une région où les places dans les écoles manqueront dans les années à venir.

Educadomo – 1, CGE – 0 ?

Je ne veux pas être l’avocat d’EDUCADOMO, mais la CGE ne devrait pas confondre critique légitime et auto-promotion.
EDUCADOMO est une entreprise commerciale, aucun doute là dessus. Elle a trouvé sa niche: le coaching scolaire. En résumé, EDUCADOM0 demande à des parents inquiets de passer à la caisse pour offrir à leurs enfants des leçons particulières. Cela à le don d’énerver la CGE qui se drape dans sa probité candide pour s’offrir, à bon compte, un peu de pub.
Tout cela mérite une petite analyse. Apparemment, EDUCADOMO gagne de l’argent. Ce qui tendrait à prouver que cette société répond à un besoin. Cela pourrait vouloir dire plusieurs choses. D’abord que l’enseignement de parvient pas à empêcher l’échec et le décrochage (ce que chacun – y compris la CGE qui feint ici de l’ignorer – sait pertinemment et dénonce régulièrement), ensuite que les nombreux dispositifs de remédiation ne fonctionnent pas (notamment parce que ce sont souvent de jeunes enseignants inexpérimentés qui les assument).
Mais l’indignation vertueuse de la CGE fait l’économie de cette analyse et se contente de stigmatiser des adorateurs du système libéral. Une attitude un peu curieuse quand on sait que la CGE est, elle aussi, un organisme privé (certes subventionné par les autorités publiques, mais qui échappe – grâce à son statut – à tout une série de de mécanismes de contrôle de ses formations auxquels sont soumis, par exemple, les instituts de promotion sociale).
Ce qui m’interpelle un peu plus, c’est que la CGE ignore – ou fait semblant d’ignorer – que les pratiques au sein des écoles ne sont pas toujours au-dessus de tout reproche.
Vous, je ne sais pas, mais moi, en 40 ans de carrière, j’en ai connu beaucoup de ces collègues qui donnaient des leçons particulières. Ces leçons n’étaient (évidemment ?) pas déclarées au fisc. Certains enseignants pouss(ai)ent même le cynisme, jusqu’à proposer ce type de service à leurs propres élèves. Et, comme pour EDUCADOMO, le système artisanal recourrait, sans trop de problème, à des intervenants infra-qualifiés. Les tableaux d’annonces des supermarchés regorgent d’offres émanant d’étudiants proposant leurs services pour des leçons de chimie, de maths ou de français. Si vous arrachez la petite bandelette avec le numéro de téléphone et que vous négociez, vous n’aurez certainement aucune garantie en matière de compétences. Pourquoi la CGE est-elle silencieuse face aux dérives internes et critique face aux dérives externes ? Peut-être parce que l’enseignement francophone est particulièrement corporatiste, peut être parce que la vertu (même auto-proclamée) se vend bien dans les médias.
En fait, dans tous les cas, la meilleure parade consiste certainement à se conduire en consommateur avisé. Que ce soit par rapport aux offres d’EDUCADOMO ou aux propositions de l’instituteur de votre enfant, fait – contrairement à ce que voudrait faire croire la CGE – ne fait pas une énorme différence.

separation of Church and State in Europe

For the first time in the history of the European Parliament, secularism really achieved to have its own lobby. Due to the efforts of the Dutch MEP Sophie in’t Veld, the European Parliamentary Platform for secularism in Politics (EPPSP) has been working for more than one year. Humanists will certainly be happy to see that secular (including humanists, but also christians in favor of separation between churches and state) strenghts are gathering together to resist the efforts of the religious institutions to regain influence at European level.

we strongly recommend the following links:

A comment by Sophie in ‘t Veld on her action:http://www.neurope.eu/articles/The-need-for-a-secular-voice-in-the-European-Union/103690.php

EPPSP web site : http://politicsreligion.eu

Syndicats et communauté – le jeu de dupe continue.

Le catalogue à la Prévert des revendications syndicales déposé aujourd’hui suscitera de nombreux commentaires et sans doute aussi une bonne dose d’étonnement. Justement qualifié de liste de St Nicolas, le cahier de revendication pour le prochain accord sectoriel interpellera les représentants des employeurs mais aussi les travailleurs de la base.
L’étendue des revendications ne tient aucun compte de l’étroitesse de l’enveloppe budgétaire dégagée par le gouvernement de la CFWB (une dizaine de millions). Si l’on cumule des revendications telles que le passge (progressif) au barème 502, la réduction des horaires au minimum de la plage, la couverture des frais de déplacement et une assurance omnium pour ceux-ci, la prolongation des DPPR à partir de 55 ans, etc., on arrive à des centaines de millions d’euros. Est-ce bien sérieux de mettre ce type de revendications sur la table ?
Mais je ne ferai pas porter tout le blâme sur les syndicats. Ceux-ci vont certainement déposer des préavis de grève et pousser les enseignants dans la rue en 2011. Mais que dire du comportement de la Ministre ? Toujours atermoyer est-il une stratégie de gestion ? Les syndicats – et chacun le sait dans le secteur – attendent des négociations avec une impatience à peine contenue. Pourquoi les faire lanterner alors que l’échéance est inéluctable ?
Parce que, depuis des années, nous sommes dans un jeu de dupes soigneusement entretenu par le politique. En CFWB, le système belge de la concertation paritaire a été saboté par l’exclusion des employeurs de la discussion. Le retour des PO autour de la table exaspère les organisations syndicales mais elle énerve aussi le gouvernement de la CFWB.
Pour comprendre ce dossier, un rappel historique s’impose. La Constitution précise que l’enseignement est libre, autrement dit que chacun dans notre pays peut ouvrir une école. La loi du 29 mai 1959 qui exécute le Pacte scolaire, rappelle, elle, que les charges de l’enseignement sont à charge des P.O. Autrement dit, si la CFWB est bien le débiteur de salaire des enseignants, les P.O. du libre et de l’officiel subventionné sont des employeurs à part entière. Or, depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs de la CFWB piétinent ces principes. Sous prétexte de financer les subventions-traitement et de subventionner – partiellement – le fonctionnement, la CFWB traite la liberté d’enseignement – et la liberté pédagogique des P.O. – par-dessus la jambe. Cette attitude a été nourrie par le jacobinisme de certains dirigeants, notamment PS. Mais elle a aussi été encouragée par les organisations syndicales. La CGSP – qui a toujours été favorable à un réseau unique – se retrouvait naturellement dans le jacobinisme de certains. Pour la CSC, d’aucuns avaient manifestement des comptes à régler avec des PO où l’arbitraire régnait trop souvent en maître.
Depuis presque vingt ans, on exclut donc des négociations les interlocuteurs les plus légitimes au niveau patronal, c’est-à-dire les PO. Ceux qui sont confrontés tous les jours aux difficultés de terrain et aux problèmes de financement.
Rien d’étonnant donc que ces P.O. soient pris en sandwich entre les technocrates du ministère, qui produisent à tour de bras des textes abscons, et des organisations syndicales qui sacrifient plus volontiers au dogmatisme idéologique qu’au pragmatisme. Comment interpréter autrement une des revendications des organisations syndicales qui exige que les décisions des chambres de recours lient toujours PO. Comment justifier – autrement que par l’idéologie – qu’un fonctionnaire communal sanctionné par le Conseil Communal voit sa sanction s’appliquer dès le lendemain (ou presque) et que son collègue enseignant – qui n’est, après tout, qu’un fonctionnaire communal comme un autre – bénéficie d’un sursis de près de 100 jours pour la mise en application de celle-ci ?
Si l’on compare la situation de notre enseignement à celle d’autres pays on ne doit pas trop s’étonner des critiques qu’on lui adresse. Une bureaucratie envahissante, des statuts hyper-protecteurs, une frilosité extrême face à l’évaluation, une formation initiale à rallonge mais qui s’éloigne de plus en plus de la réalité de terrain et on s’étonne que ça ne marche pas. Les syndicats devraient avoir quelques chose de plus pertinent à proposer que l’équation cinq ans d’études = barème 502 (en oubliant que ce niveau de rémunération ne correspond pas au niveau licence (ou master) mais bien au niveau master plus agrégation et/ou CAPAES). On aurait aussi aimé lire l’une ou l’autre proposition ou revendication à propos de la pénurie mais là aussi silence radio si l’on excepte la revendication – enfin formulée – de l’assouplissement des titres.
Je proposerais bien à chacun d’abandonner ses rêves, de redevenir un peu modeste et pragmatique, mais je pense que je ne risque guère d’être entendu.

Des assises interculturelles prévisibles.

On aurait sans doute pu écrire d’avance les conclusions de ces fameuses assises de l’interculturalité tant les observateurs attentifs pouvaient – compte tenu de la composition du comité – se douter de ce qui allait sortir de ce processus. Le résumé des 63 pages du texte tient en quelques lignes.
- Une attaque frontale contre la laïcité politique et contre la neutralité des services publics.
- Une tentative de confessionnalisation de l’enseignement officiel.
- Un choix clair en faveur du communautarisme ethnicoreligieux plutôt que pour une vision républicaine du vivre ensemble.
- Une tentation omniprésente de stigmatiser les valeurs occidentales.

À cela, il convient d’ajouter un nombre important de propositions manquant de réalisme ou de clarté. Au total donc un texte sans surprise, superficiellement consensuel qui, lors de chaque tentative de mise en œuvre des propositions qu’il contient, ne facilitera pas le débat.

Une attaque contre la laïcité et la neutralité des services publics.

La démarche des assises repose sur des choix idéologiques clairs.
- La nécessité de gérer les problèmes potentiellement posés par les flux migratoires ;
- Le présupposé selon lequel les immigrés sont nécessairement discriminés par une société finalement aussi accueillante qu’on ne pourrait l’espérer ;
- L’importance accordée à la religion dans la politique globale de l’identité des individus.
Par contre, on ne trouve pas grand-chose sur le fait que les immigrés, ou les minorités devraient s’inscrire dans un cadre national (compte tenu de la situation politique actuelle, cette lacune s’explique, elle n’en est pas moins interpellante).

À cet égard, ce que le rapport fixe comme objectif à l‘enseignement est particulièrement éclairant :
« Le Comité de pilotage est convaincu qu’une interculturalisation de notre enseignement est indispensable si nous voulons garantir l’égalité des chances pour tous les élèves. Cette interculturalisation doit s’attacher à diverses cibles : l’enseignant, l’élève, les programmes, la culture de l’école (notamment pour ce qui est de l’usage de la langue), l’attitude par rapport aux convictions philosophiques et religieuses et, enfin, les relations avec les parents et le milieu extrascolaire. » [p.31]. En d’autres termes, il faut que l’école gère Babel, avec comme seules armes des moyens largement insuffisants et les pieuses intentions du rapport.

Les considérations relatives à l’apprentissage des langues ne sont guères plus réalistes. On aimerait vraiment savoir comment la proposition suivante sera mise en pratique : « Certaines parmi les langues parlées au sein des minorités ethniques, culturelles et/ou religieuses sont reliées d’importantes langues de culture, dont la maîtrise peut constituer un atout pour notre économie internationale. Conformément à l’objectif d’interculturalisation, l’apprentissage de certaines de ces langues doit être proposé à tous les élèves. Seule cette option peut offrir une pleine reconnaissance
à ces langues qui peuvent être utiles à tous, tout en faisant partie du patrimoine symbolique des élèves issus de certaines minorités ethniques, culturelles et/ou religieuses, même s’ils ne les parlent pas ».
[p.43]

Une tentative de confessionnalisation de l’enseignement officiel.

Pour les défenseurs d’un enseignement officiel neutre, certaines propositions du rapport sont particulièrement choquantes. Car il ne fait aucun doute que les assises recommandent bien un traitement différencié entre les deux grands réseaux d’enseignement et que l’école catholique se voit, de fait, exemptée de prendre le problème de l’interculturalité en charge de la même manière que le réseau officiel. Comment, en effet, comprendre la proposition suivante : « le comité de pilotage préconise qu’au cours du processus qui doit mener à la promulgation des décrets organisant le port des signes convictionnels à l’école, un espace de concertation soit ouvert avec l’enseignement libre avec l’objectif d’unifier autant que possible la manière dont les différents réseaux abordent ces questions ».[p.49] Autrement dit, l’enseignement catholique pourra continuer, au nom de la spécificité de son projet pédagogique, à interdire le foulard que l’enseignement officiel et neutre sera contraint d’accepter.
Ceux qui pensent que nous exagérons liront avec intérêt la remarque de la p.47 condamnant sans équivoque l’interdiction du port du foulard dans les Hautes Écoles de l’enseignement officiel. L’argument invoquant le fait que les étudiants sont majeurs fait bon marché du fait que – pour les catégories pédagogiques à tout le moins – les élèves font des stages dans des écoles qui interdisent le port du voile et dont les enseignants sont soumis à l’obligation de neutralité.

Enfin, le rapport admet qu’il n’y a pas eu d’accord sur la problématique des signes convictionnels pour ce qui concerne les enseignants. Mais, à aucun moment, le rapport ne rappelle l’existence des décrets qui existent en CFWB et qui règlent actuellement ce problème. On peut donc en déduire qu’implicitement au moins, les Assises sont plutôt favorables à l’abandon de ce principe sacrifié sur l’autel du respect des convictions individuelles.

Je me limiterai ici à ces deux analyses. Mais je rejoins les remarques contenues dans l’avis minoritaire d ‘Édouard Delruelle quand il regrette que le rapport « avalise la vision d’une société divisée entre une « majorité » culturellement dominante et des « minorités » qui ne seraient pas suffisamment reconnues en tant que telles ». Ce choix est clairement idéologique et inspiré par une vision, largement répandue dans les milieux religieux, selon laquelle l’identité religieuse est un fondement incontournable de l’identité collective, mais aussi de l’identité individuelle. Cette thèse fait partie intégrante de la stratégie vaticane de lutte contre la sécularisation de l’Europe, mais elle est plus ou moins reprise par toutes les traditions religieuses qui considèrent l’athéisme ou l’incroyance comme un échec, un drame, voire une aberration intellectuelle. Il est donc bien difficile de donner du crédit à un document qui utilise des concepts comme le pluralisme ou la tolérance pour soumettre des parts plus larges de l’espace public – à commencer par l’école – aux prescriptions religieuses.
Il s’agit là d’un retour du religieux qui – à l’inverse de ce que le rapport semble penser – n’améliorera pas le vivre ensemble. A l’heure où le Pape condamne le laïcisme de l’Espagne (parce qu’on y a légiféré de manière à renforcer un certain nombre de libertés de choix comme l’euthanasie, l’avortement ou les orientations sexuelles) et appelle à une réévangélisation nous sommes convaincus que maintenir, autant que possible, les religions – et leur potentiel de certitudes et donc d’intolérance – dans la sphère privée est la seule garantie d’un vrai pluralisme.
.

Monseigneur Léonard à raison.

J’ai toujours détesté les chasses aux sorcières, fussent-elles l’émanation de l’élite catholique.
Soyons sérieux deux minutes. Pourquoi moi – athée et matérialiste avéré, mais aussi humaniste et tolérant – irais-je reprocher à Leur Seigneur Léonard d’être ce qu’il est ? Quel membre du parti communiste aurait, il y a soixante ans, reproché à son chef d’être stalinien ?
Les indignations de MM. Ringlet, Scholtès et consorts me font sourire. Il n’y aurait donc que les laïques qui savaient de quel bois ( de bûcher ?) Mutien-Marie se chauffe ? Une amie, qui fut déléguée laïque pour la régionale du CAL de la province du Luxembourg, m’avait raconté que, lors de ses contacts avec le GAMIRUL (groupe d’action en milieu rural – une structure catho), elle avait entendu des propos bien plus hostiles au nouvel évêque de Namur que ceux tenus dans les milieux anticléricaux traditionnels.
Mgr Léonard a – je suis mal placé pour juger, mais je fais confiance – une réputation de théologien de qualité. Il partage cette réputation avec le Pape actuel. Joseph Ratzinger a, lui aussi, choqué a plusieurs reprises. Comme Pape, notamment à l’occasion de ses remarques relatives à l’Islam. Mais aussi quand il servait de nègre à Jean Paul II. Je me souviens avoir présidé une réunion de l’initiative ‘Une âme pour l’Europe’ très peu de temps après la sortie de l’encyclique Domine Jesus dans laquelle l’Eglise Catholique s’affirme très clairement comme seule détentrice de la Vérité (théologique). L’ambiance – dans ce comité dont l’objectif était le dialogue interconvictionnel – était loin d’être sereine, comme on s’en doute. Pour les Protestants, qui se revendiquent de la tradition chrétienne au même titre que les catholiques, la pilule était dure à avaler. Mais, si l’on se place strictement du point de vue des théologiens catholiques, le raisonnement paraît imparable.
Un professeur de l’UCL dit que les condamnations proférées par Mgr Léonard à l’encontre de l’homosexualité ‘ne reposent sur aucune base scientifique’. Qui en douterait ? Mais Mutien Marie n’est pas un scientifique, c’est un théologien. Et si nous ne vivions pas dans une époque où l’avis de Mireille Mathieu ou de Shakira sur les trous noirs a autant d’importance que celui d’Einstein, nous saurions que cela fait toute la différence. En fait, on a parfois l’impression que les commentateurs ne condamnent pas le cléricalisme – l’immixtion du religieux dans la sphère publique – mais regrettent simplement que ce cléricalisme ne s’ajuste pas à la modernité. En d’autres termes, l’Eglise pourrait s’occuper de nos affaires, à condition de s’exprimer comme nous le souhaitons. Mais nous ne préoccupons guère de savoir qui est ce nous que les journalistes assimilent à chacun de nous en faisant semblant d’oublier que moins de dix pourcent des belges vont encore à la messe le dimanche et que vingt-cinq pourcent ne sont même plus baptisés.
Monseigneur Léonard pose incontestable problème à l’Eglise catholique et à ses fidèles. À moi, heureusement, il n’en pose aucun.
A notre professeur de l’UCL ou autres homosexuels, je dirais que – de son point de vue – la condamnation proférée par Mgr Léonard est légitime et qu’elle s’inscrit, pour le surplus, dans une tradition séculaire. les imams et les rabbins disent-ils autre chose que Mutien ?
Aux professeurs de l’UCL qui veulent virer MM du pouvoir organisateur, je suggérairais d’aller au bout de leur rêve et de supprimer aussi le C du nom de leur Université. Je leur rappellerai seulement que ce choix – qui est celui de la liberté académique- a été fait par l’ULB en 1834 (Verhaegen et ses amis n’étaient pas des athées mais des catholiques anticléricaux qui ne voulaient rien de plus que ce que certains professeurs de l’UCL semblent vouloir aujourd’hui).
Enfin, à Tommy Scholtès et à ses amis – qui critiquent un clerc parce qu’il est clérical -, je rappellerais volontiers le mot de Jean Pierre Chevènement qui disait, à juste titre, ‘quand on est ministre, on ferme sa gueule ou on s’en va’. Je saluerais avec le plus grand respect la démission de MM. Scholtès, Ringlet et assimilés. Mais, si je ne me trompe, ceux-ci sont payés par de l’argent public. Ne devraient-ils dès lors pas se soumettre au devoir de réserve avant de se répandre dans les médias contre leur hiérarchie qui n’a commis d’autre faute que de rester dans la ligne du parti ?
Quand on est en en désaccord avec une idée, il ne faut pas combattre ceux qui la défendent, il faut combattre l’idée elle-même.




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