Archive mensuelle de mai 2010

Le CECP fête ses 25 ans

 

 Nous étions plus de trois cents ce 19 mai à Flémalle pour fêter le 25è anniversaire du Conseil de l’Enseignement des Communes et des Provinces. Le CECP est l’organe représentatif des enseignements communaux et provinciaux pour tout ce qui concerne l’enseignement fondamental, l’enseignement spécialisé (primaire et secondaire) et l’enseignement artistique à horaire réduit (l’ESAHR, en pratique les académies de musique et des beaux arts). En simplifiant un réseau d’enseignement qui représente, pour le fondamental plus de 50% de la population scolaire de ce niveau. 

Nous étions là, accueillis par la Province de Liège, la commune de Flémalle puis la commune de Seraing, des pouvoirs organisateurs attachés depuis plus d’un siècle à la promotion de l’enseignement officiel et de l’instruction publique. 

Nous ne nous étendrons pas sur les différents discours de circonstances qui n’évitèrent pas l’écueil de l’académisme et des paroles de circonstances. Mais nous retiendrons de cette cérémonie les paroles fortes du président Marcel NEVEN, et celles, comme d’habitude claires et précises de Reine Marie BRAECKEN qui assume, depuis la création du CECP la charge difficile de secrétaire générale de l’asbl. Elle a rappelé que l’enseignement communal et provincial a, au moins, trois caractéristiques majeures. C’est un enseignement de proximité, réactif aux besoins locaux. C’est un enseignement qui défend des valeurs de tolérance, de pluralisme et de respect. Et, enfin, c’est un enseignement organisé par des pouvoirs publics dont la légitimité démocratique est incontestable. Elle a – une fois de plus, mais pas une fois de trop – rappelé que ces particularités devraient lui valoir le respect et la considération de l’autorité subsidiante. C’est à ce moment du discours que nous avons – mais cela devient une mauvaise habitude – senti monter une certaine amertume parce que cette exigence de respect, qui peut sembler légitime, est loin d’être partagée. R.M. BRAEKEN n’a pas pu prononcer son allocution devant Mme SIMONET qui s’était fait remplacer. La ministre de l’enseignement ne considère pas que prononcer elle-même son discours devant pareille assemblée soit une priorité dans son agenda (par contre, elle a bien trouvé quelques minutes pour venir prendre l’apéro !). Consolons nous en disant que Mme ARENA n’a pas eu un comportement très différent. Le message de la Ministre valait pourtant la peine d’être entendu. On a rarement l’occasion de profiter d’une déclaration aussi totalement dénuée d’intérêt. Rien de ce qui soulève l’inquiétude des pouvoirs organisateurs ( la pénurie d’enseignants, les incertitudes à propos de l’encadrement différencié ou d’autres dossiers aussi importants n’a reçu le plus petit commencement de réponse). Le seul élément vraiment concret de cet exercice de style fut la – longue – dissertation sur les avancées significatives du décret relatif à l’intégration des enfants handicapés dans l’enseignement ordinaire et sur la prise en compte de la problématique de l’autisme. Ces problèmes, certes respectables mais marginaux, ont occupé plus d’un tiers du discours sans qu’un mot ne soit dit sur les moyens à mobiliser pour répondre sérieusement aux défis que pose la question de l’intégration pour quelle soit autre chose qu’un effet d’annonce ou un gadget politique. 

Saluons par contre la courageuse performance du représentant du Ministre NOLLET (en charge des bâtiments scolaires). Il n’avait que des mauvaises nouvelles à nous donner, dont l’enterrement du projet des PPP (partenariats public privé) initié par Marie ARENA. Mais sonner clairement la fin des illusions me paraît infiniment plus respectueux que d’assommer les auditeurs à coup de phrases creuses et de langue de bois. 

Le CECP et les 450 (+/-) pouvoirs organisateurs qui le constituent peuvent être légitimement fiers de leur action, de la qualité de l’enseignement que les écoles communales et provinciales dispensent, du fait que ces pouvoirs organisateurs promeuvent une éducation citoyenne au service de leurs citoyens. Mais ils aimeraient bénéficier du respect qui leur est dû et ils ont beaucoup de mal a admettre que ce soit, dans de nombreuses circonstances, un réseau concurrent, privé et à la légitimité démocratique contestable qui serve de référence tant au législateur qu’à l’autorité sublsidiannte. 

anticléricalisme ou guerrre de religion ?

Pacha (voir le commentaire de mon article sur Amnesty et la burqua) veut m’entraîner sur un terrain glissant. Il n’appartient pas aux laïques de départager les bonnes et les mauvaises religions. Comme le disait un jour le chanoine Pierre de Locht, que j’ai eu le plaisir (et l’honneur) de fréquenter un peu, toutes les religions ont une propension intrinsèque à l’intolérance. Opposer une religion catholique fréquentable à un Islam nécesssairement intolérant et menaçant est, au mieux, une erreur explicable par l’ignorance, au pire un préjugé sans fondement.

En prenant un recul historique suffisant, l’intolérance catholique (et – dans une moindre mesure – protestante) n’a rien à envier au fanatisme des fondamentalistes islamiques d’aujourd’hui.

Mon interlocuteur se méprend sur beaucoup de choses. Je ne veux pas éradiquer l’héritage chrétien (comment cela se pourrait-il ?).  Et je ne pense certainement pas que le dilemne se  réduise à des idées simples comme celle du choc des civilisations. Respecter la religion catholique et les valeurs chrétiennes (dont nous serions naturellement proches) pour nous protéger de la menace islamique est une manière facile, mais dangereuse de définir les limites du débat. Quand Pacha impute à la religion islamique des qualificatifs comme intolérante, théocratique ou ennemie de la pensée libre, je m’interroge sur sa connaissance du christianisme et de l’histoire d’une religion qui doit inscrire l’inquisition à son palmarès.

Certes, le catholicisme d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la religion totalitaire (et je pèse mes mots) du Moyen âge ou de la Renaissance. Mais ce serait un contre sens que de croire que l’aggiornamento  qu’à connu l’église catholique au 20è siècle soit le produit d’une évolution naturelle. Pacha devrait se souvenir que les Droits de l’homme ont été solennellement condamnés, en plein 19è siècle, par le Pape et rangés au rang des idées dangereuses du siècle par le Syllabus (tout comme la liberté de la presse d’ailleurs!). L’acceptation du pluralisme par l’église catholique ne résulte pas de l’esprit d’ouverture des Papes successifs mais de l’évolution sociétale (en ce compris la capacité de résistance des catholiques de base face aux ukases d’un magistère qui continue à rappeler régulièrement ses prétentions à assurer la police de la pensée des fidèles).

Avec un recul de plus d’un millénaire, le match entre les bons chrétiens et les mauvais musulmans (ou l’inverse) est probablement nul en terme d’horreurs commises au nom de la religion. Ne me demandez pas de choisr entre deux totalitarismes protentiels alors que je combat pour la liberté de croire en dehors des cadres dogmatiques. Ne me demandez pas non plus de choisir Mgr Léonard comme bouclier pour me protéger de Tariq Ramadan. Ces deux messieurs (et leurs homologues) n’hésitent d’ailleurs pas à faire cause commune sur des dossiers comme l’avortement, l’euthanasie, la condamnation de l’homosexualité, la recherche sur les cellules souches, etc.  Obscurantistes de toutes chapelles, unissez-vous. 

Enfin, Pacha répète, pour justifier le financement des cultes, un argument éculé et inexact. Le financement des cultes n’est pas une compensation. D’abord parce que – contrairement à se qui s’est passé dans d’autres pays – l’église catholique et les congrégations religieuses belges n’ont jamais été spoliées (sinon il faudra qu’on m’explique pourquoi les Jésuites possèdent autant de biens immobiliers à Namur). En finançant les divers cultes reconnus,   le législateur à reconnu le rôle social des cultes (c’est d’ailleurs l’argument déterminant lors de la reconnaissance), c’est à dire sa capacité à créer du lien social et à rendre une service à la population. L’importance des moyens alloués à l’église catholique pouvait peut être se comprendre quand il y avait plus de nonante pourcent de baptisés, aujourd’hui que ce chiffre est en forte baisse, la mise en place d’une nouvelle clé de répartition (à défaut d’un alignement sur le système français) me paraît le minimum de ce qu’exige l’équité entre les différentes convictions.

Robin des bois est mort. Mais qui l’a tué ?

Merci à Pascal Chardomme d’avoir bien voulu commenter mon article Robin des bois rend fou la CGSP. Il n’est pas d’accord avec moi, ce qui ne me surprend guère. Il se défend – tant mieux – de tout corporatisme au bénéfice des seuls enseignants, je ne peux que m’en réjouir.

Nous applaudirons donc tous les deux à la mort de Robin des bois. Mais je persiste à estimer que la tendance lourde des organisations syndicales ne va pas dans le sens d’une diversification des métiers au sein des écoles. Cette diversification (qui impliquerait le recrutement de catégories de personnel aujourd’hui inexistantes ou faiblement représentées au sein des écoles) passe évidemment par une réflexion sur les statuts et sur la règlementation relative aux titres et fonctions. Nos écoles ne bénéficieraient-elles pas de la présencee en leur sein de bibliothécaires, de travailleurs sociaux, de logopèdes, d’informaticiens ? A condition évidemment que ces nouveaux agents disposent d’un réel statut et ne restent pas confinés dans des contrats précaires.

En tout cas, je peux me réjouir avec lui de ce que l’enseignement maternel soit préservé et que l’on sache déjà aujourd’hui qu’il y aura des moyens supplémentaires pour les écoles les moins favorisées. Mais ma satisfaction porte sur l’échéance davantage que sur l’argent obtenu. Un apport tardif de périodes/professeurs ne permet pas une bonne affectation des moyens nouveaux et leur ôte donc une part de leur efficacité. Je maintiens aussi que la poursuite du saupoudrage des aides accordées à l’enseignement (puéricultrices et psychomotricien(nne)s ACS ou APE, PTP, etc.) est coûteux et inefficace. Quand les organisations syndicales mettront-elles leur capacité de mobilisation en branle pour rendre un maximum de ces aides structurelles ? Quand militeront-elles pour que ces aides soient accordées sans recourir à des tonnes de paperasse et des heures de réunions stériles ?

Voilà effectivement ce qui explique certaines de mes réserves face à l’action syndicale, que je considère indispensable quand il s’agit de préserver les droits des travailleurs mais que je trouve aussi – parfois – encombrante et teintée de conservatisme quand il s’agit de faire évoluer le système éducatif. C’est un point de vue que je ne demande évidemment pas au Secrétaire Général de la CGSP de partager.

Si le débat est fructueux, la polémique est stérile. Certes, j’ai égratigné la CGSP comme l’ a ressenti M. Chardomme, mais c’est la loi du genre sur les blogs. Je formulais une opinion (prinicipalement à partir d’une citation du Soir que j’ai indiquée en italique en ajoutant que j’espèrais que le journaliste avait correctement répercuté ses propos), je ne diffusais pas une information. Je regrette donc que sa réaction, outre les précisions qu’il fournit (et qui justifient que je publie son commentaire), commence par qualifier mes propos de méprisants et diffamatoires (sic !) se terminent par un commentaire sur le fait que le Net permet d’écrire n’importe quoi. J’espère ne pas deviner là une envie inconsciente de censurer les propos hétérodoxes.

L’éthique du débat implique effectivement que l’adversaire ne soit pas tout à fait de bonne foi et il faut laisser le lecteur juger. Mais le débat est nécessaire au progrès alors que la vérité officielle est toujours dangereuse, merci donc de ce commentaire.




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