Archive mensuelle de avril 2010

Burqa interdite ? Amnesty et le Centre pour l’Egalité se trompent

Les droitsdel’hommistes se déchainent contre le vote intervenu hier à la Chambre. Ils sont choqués par cette décision qu’ils estiment attentatoires à la liberté d’expression (?) et à la liberté religieuse.  

Remarquons que ces deux organisations ne disent pas un mot des problèmes de sécurité que posent le port de la burqua ou du niquab. Et, comme je ne suis que très modérément paranoïaque, je ne parle pas ici du risque d’attentats kamikazes. Mais, beaucoup plus trivialement, que devra faire l’institutrice maternelle quand une dame, totalement non identifiable, viendra chercher son neveu ou son cousin à l’école et que l’on s’apercevra, après mais trop tard qu’ils’agissait d’une malade mentale en mal d’enfant ?

La sacralisation de la liberté religieuse dont Amnesty semble soudain se faire le chevalier blanc ne se justifie par aucun texte légal. Jamais la Cour des droits de l’homme de Strasbourg n’a dit que cette liberté était absolue ni qu’il serait interdit de la limiter pour des raisons d’ordre public.

Rappelons d’abord que le port de ces tenues ne découle pas d’une obligation religieuse explicite ou univoque. Il s’agit en l’espèce d’un « choix  » (et il faut demander aux femmes afghanes ce qu’elles en pensent) imposé par le machisme, la mode ou une volonté d’affirmation communautaire. Nombre de musulmanes croyantes vivent très bien leur foi sans ces colifichets. Est-il si scandaleux de demander à  une minorité de se fondre davantage dans la masse?

je vais vous faire un aveux. Moi qui suis un athée avéré, j’ai songé à me convertir. Après tout, les reconversions spirituelles sont légions ces derniers temps. Je pensais choisir le jaïnisme, une religion syncrétiste de l’Inde et me faire digambara (ceux qui vont vêtus de ciel). Ceci implique donc que je vivrais nu ! Je serais curieux de savoir si Amnesty se mobilisera pour défendre mon droit à la liberté religieuse?

 Parmi ceux qui me lisent, nombreux sont ceux qui vont croire que je me moque, c’est mal connaître mon respect du lecteur. Je vous invite donc à taper jaïnisme  sur le net et à juger par vous même.

Agiter les bons sentiments comme le font AI et le Centre passe peut être très bien dans les salons bourgeois. Mais cette approche de la liberté religieuse – qui profite surtout à un islam radical et ultra minoritaire – n’est pas réaliste. Notre société moderne et pluraliste doit se protéger des bigots qui veulent profiter des espaces de liberté qu’elle leur offre. Cessons d’être dupes de gens qui exigent de nos valeurs des libertés qu’ils nous refuseraient au nom des leurs. 

Pour le surplus, la sacralisation des croyances ou des pratiques religieuses et le refus de les réguler est intenable au regard de la diversité culturelle d’aujourdh’hui. Au nom de quoi accepter la burqua et refuser la nudité jaïn ? Pourquoi accepter l’ensevelissement sans cercueil des musulmans et refuser l’exposition aux oiseaux de proie des parsis (il n’y a pas beaucoup de vautours en Belgique mais les corneilles abondent, elles mettront juste un peu plus de temps) ou les bûchers publics des hindous ? Pourquoi, enfin, si un groupe ressuscitait la religion des aztèques, refuser à ces adeptes le droit d’arracher le coeur à des victimes sacrificielles ?

La vision anglo-saxonne de la liberté religieuse mène d’abord aux communautarismes et à la création de ghettos, elle conduit aussi - très facilement -aux  dérives sectaires.  Dans les pays de tradition laïque, le confinement (comme on emploie le terme dans le du nucléaire) de la religion dans la sphère privée a pour objectif premier de maintenir la paix civile. Ce n’est pas pour rien que le concept est né dans un pays durement éprouvé par les guerres de religion. L’autre avantage c’est qu’il n’est pas nécessaire de séparer le bon grain de l’ivraie. Le jaïn n’ira pas tout nu et la musulmane ne portera pas la burqua. Ni l’un ni l’autre ne devront pas remettre en cause les fondamentaux de leur croyance (les religeuses catholiques ont-elles perdu la foi depuis qu’elles portent un habit civil ?) juste leurs signes extérieurs. Depuis quand cela constitue-t-il une discrimination ? Je suis athée. J’ai du mal à comprendre la foi des croyants mais je la respecte quand elle est profond et sincère. Par contre, la bigoterie, la confusion entre la conviction personnelle et intime et l’ostentation perpétuelle m’irritent et m’effraient. on a trop souvent vu les religions se transformer en police de la pensée pour ne pas se méfier un peu d’elles. Comme le disait très justement un jour le chanoine Pierre de Locht « les religions une propension intrinsèque à l’intolérance ».Voilà ce que les démocrates ne doivent jamais oublier et qui ôte toute pertinence aux arguments pro-burqua.

Robin des bois rend fou la CGSP

Pascal Chardome (CGSP – enseignement) se trompe (une fois de plus ?). La CGSP critique la ministre parce qu’elle affirme que son projet ne supprimera pas d’emplois, ce que le syndicat ne croit pas. Mais le raisonnement de M. Chardome est pour le moins curieux quand il affirme (Le Soir du 19 avril) que « les écoles en difficulté utilisent souvent les moyens mis à leur disposition pour recruter du personnel non-enseignant (logopèdes, éducateurs, etc.). L’emploi enseignant qui sera perdu ici ne sera donc pas forcément reconverti en emploi enseignant là-bas ». On ne peut qu’espérer, pour le bien de la CGSP, que Pierre Bouillon ait mal retranscrit les déclaration de M. Chardome. Si ce n’est pas le cas on ne peut que s’étonner. La CGSP paraît se préoccuper davantage de certains intérêts catégoriels que de celui des élèves. Le syndicat (de gauche ?) veut conserver des emplois (d’enseignants), pas donner la possibilité aux écoles moins favorisées  de répondre adéquatement aux besoins des élèves. A entendre le secrétaire général de la CGSP, les logopèdes, les éducateurs – et, ô horreur, les assistantes sociales ou les psychologues – ne seraient donc pas des travailleurs comme les autres ? 

L’organisation syndicale est, une fois de plus prisonnière de son dogmatisme et de sa myopie. Quelques constats. La Belgique est un des pays où le pourcentage d’enseignant dans l’enseignement (plus de 90%) est le plus élevé. Aux Etats Unis ce pourcentage descend aux alentours de 60%, les autres emplois étant occupés par des psychologues, des bibliothécaires, des assistants sociaux, etc. Il n’est d’ailleurs pas à exclure que cette caractéristique du système belge n’explique en partie son inefficience.  Dans le système belge prôné par a CGSP pas d’interdisciplinarité et – si l’on va au bout de l’utopie – un taux d’encadrement voisin d’un enseignant par élève ! Deuxième problème, le syndicat ne semble pas comprendre nous sommes en pénurie ! L’essentiel des écoles qui bénéficieront du système Simonet sont bruxelloises. Or, à Bruxelles il est, aujourd’hui 20 avril, quasi impossible de remplacer un instituteur absent. Alors, perdre un emploi n’est pas vraiment un enjeu. Mais je n’ai pas vraiment entendu la CGSP monter au créneau sur  ce sujet (d’autant plus sensible qu’il doit être mis en relation avec l’augmentation prévisible du nombre d’élèves résultant de l’évolution démographique bruxelloise). 

Qu’on me comprenne bien. Je ne suis pas un défenseur du décret Robin des Bois qui est une scandaleuse escroquerie. Mais tant que les opposants utiliseront des arguments aussi pauvres que ceux de la CGSP, l’enseignement – dans son ensemble – ne sortira pas gagnant d’un  jeu de dupes opposant monde politique impuissant et organisations syndicales clientélistes. 

Robin des Bois sauvera-t-il l’enseignement ?

Tous ceux qui s’intéressent à l’enseignement en CFWB ne manqueront pas de remercier Mme la  Ministre SIMONET. Elle va mettre les enseignants dans la rue, parents, élèves, gestionnaires lui disent d’ores  et déjà merci. 

Et tout cela pourquoi ? Pour redistribuer les moyens nécessaires à faire face aux difficultés et dans l’espoir – mais ce n’est qu’un espoir – d’améliorer le score de notre enseignement à la prochaine enquête PISA.  Les école ‘riches’ céderont donc une partie de leurs moyens aux écoles ‘pauvres’ . Sauf que, comme le dit justement un syndicaliste, il n’y a pas d’écoles riches, juste des écoles ‘moins pauvres’.   Nous voilà donc repartis pour un tour de manège entre les acteurs du système éducatif francophone (gouvernement et syndicats) qui vont pouvoir nous rejouer – pour la Xè fois – la grande scène de ‘je t’aime, moi non plus’ avant, dans quelques semaines ou quelques mois, d’entonner le duo d’embrassons-nous Folleville’

Il serait temps de  se convaincre  qu’on n’améliorera radicalement les performances du système éducatif francophone que quand cette complicité perverse ne prendra pas fin.

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